Leah Hennel/LCF.ca
MONTRÉAL – Comme Tom Brady, le quart-arrière Davis Alexander a réussi quelque chose qu’on voit maintenant très rarement au football professionnel : il a délogé un quart-arrière établi pour devenir le partant de l’équipe.
Repêché au 199e rang, Brady a passé une saison sur les lignes de côté avant de déloger Drew Bledsoe, un quart-arrière d’expérience, ayant participé à trois Pro bowls.
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Davis Alexander a forcé les Alouettes à choisir entre lui et Cody Fajardo, qui avait mené l’équipe à la Coupe Grey en 2023 et qui venait de connaître une saison exceptionnelle avant de se blesser en 2024.
Seulement trois quarts-arrière de la LCF ont été « développés » par l’équipe qui les a embauchés.
Outre Alexander, seuls Nathan Rouke et Chad Kelly n’ont pas encore déménagé. Ni l’un, ni l’autre n’a eu à déplacer un vétéran aguerri.
Rourke a succédé à l’excellent Michael Reilly, qui a pris sa retraite alors que son corps commençait à tomber en pièces. Kelly a suivi McLeod Bethel-Thompson, qui n’avait jamais vraiment pu s’établir comme partant.
Dans la NFL, on a l’impression que seuls les Packers de Green Bay et les 49ers de San Francisco (à une autre époque) ont pris le temps de développer leurs quarts-arrière.
À Green Bay, Jordan Love a attendu deux saisons complètes derrière Aaron Rodgers, qui s’était préparé pendant trois ans derrière Brett Favre.
À San Francisco, Steve Young avait passé deux saisons à Tampa Bay et quatre à San Francisco avant que les Niners ne se décident à laisser partir le grand Joe Montana.
Bref, développer un quart-arrière semble une opération extrêmement difficile et pas uniquement dans la Ligue canadienne.
Selon le directeur général des Alouettes, Danny Maciocia, il y a de nombreuses raisons qui expliquent les difficultés de développer un quart-arrière.
Il y a naturellement la complexité du rôle, mais il y aussi une question de patience, tant chez les joueurs et leur agents, que dans les organisations.
« Les équipes qui ont du succès (dans la succession au poste de quart-arrière), ce sont des équipes qui avaient un plan. C’est sûr que, quelquefois, il faut modifier le plan, que ce soit à cause de blessures ou de manque de production. »

La Presse Canadienne
À la complexité de trouver le bon candidat, il faut ajouter la capacité de rétention.
Avec les salaires payés dans la LCF et le plafond salarial, les équipes n’ont pas les moyens de garder deux quarts-arrière établis.
On imagine qu’avec un budget plus élevé, les Alouettes auraient essayé de garder Cody Fajardo pour, au moins, une année de plus et auraient ainsi évité les maux de tête de la saison dernière quand ils ont utilisé six quarts-arrière…
Ce que les Alouettes ont vécu en 2025, d’autres équipes pourraient le vivre cette année. En perdant Nathan Rourke, les Lions ont donné le ballon à Chase Brice, qui est avec l’équipe depuis 2023, sans obtenir un départ.
À son premier match en remplacement de Rourke, Brice a subi quatre interceptions. Mais, donnons-lui le temps.
Comme ils n’avaient aucun autre quart-arrière avec un peu d’expérience, les Lions ont fait signer un contrat à Tyrie Adams, qui vient de passer quatre saisons à Ottawa où il a participé à 23 matchs, dont à trois comme partant.
En conclusion, avoir de la profondeur au poste de quart-arrière est un luxe dont peu d’équipes peuvent se vanter.
Les partisans des Alouettes en sont particulièrement conscients, car depuis le départ à la retraite d’Anthony Calvillo, ils ont vu 22 quarts-arrière obtenir au moins un départ pour leur équipe.
LE QUART-ARRIÈRE PORTEUR DE BALLON
Parmi les équipes à la recherche d’un remplaçant pour leur quart numéro un, il y a naturellement les Tiger-Cats de Hamilton, adversaire des Alouettes cette semaine.
Après avoir donné le ballon à Jake Dolegala au lendemain de la blessure à Bo Levi Mitchell, ils se sont maintenant tournés vers le Canadien Tre Ford.

Chris Tanouye/LCF.ca
Ford a permis aux Ticats de gagner leur match contre les Argonauts grâce à une performance très décente de 17 passes complétées en 27 tentatives pour 218 verges, un touché et une interception. Comme à ses habitudes depuis son arrivée dans la LCF, c’est avec ses jambes que Ford s’est démarqué. Il a couru 10 fois pour 109 verges, un sommet pour un quart-arrière cette saison.
Certains voient en lui un joueur du type de Lamar Jackson des Ravens de Baltimore, c’est-à-dire un quart-arrière qui peut accumuler plus de 60 verges au sol par match, tout en passant le ballon avec efficacité. Si Ford parvenait à maintenir cette moyenne pendant une saison complète, il deviendrait le quatrième quart-arrière de l’histoire à accumuler plus de 1000 verges au sol, après Tracy Ham, Damon Allen et Kerry Joseph.
Même l’élusif et rapide Doug Flutie n’a jamais atteint le plateau des 1000 verges au sol.
Malgré le grand terrain de la LCF et le calendrier de 18 matchs, n’est pas Lamar Jackson qui veut.
Dans le football à trois essais, on doit plus souvent se tourner vers le jeu aérien. Un quart-arrière essoufflé est rarement aussi efficace qu’un passeur bien installé dans la pochette.
En plus, celui qui sort du champ arrière s’expose à se faire solidement plaquer par des secondeurs et des demis défensifs qui arrivent avec un élan. Bref, peu de quarts-arrière réussissent à faire une saison complète, et encore moins une carrière, en comptant d’abord sur leurs jambes.
Le football canadien est axé sur la passe, et il n’y a pas un nouveau règlement qui changera ça.