MONTRÉAL – La LCF a toujours été une ligue qui favorise le jeu aérien. Au football à trois essais, le jeu au sol peut être un atout de taille, mais il peut aussi devenir difficile à utiliser, en situation de deuxième et long, ou lorsqu’une équipe tire de l’arrière par plus d’une possession.
C’est pourquoi il est essentiel de compter sur une attaque aérienne solide pour connaitre du succès à long terme.
Cette année, ce phénomène semble encore plus omniprésent, alors que les attaques par la passe aux quatre coins de la Ligue fonctionnent à plein régime et semblent laisser les défenses perplexes.
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Lors de la semaine 2, quatre quarts-arrière (Davis Alexander, Chad Kelly, Zach Collaros, Trevor Harris) ont obtenu plus de 400 verges par la voie des airs, un assaut aérien qu’on n’avait pas vu dans la LCF depuis la semaine 6 en 1995.
Les statistiques faisant état du succès de la passe cette saison sont nombreuses.
Les quarts-arrière du circuit affichent un ratio de touchés-interceptions de 3,08-1 – le plus haut de l’histoire du circuit.
Après trois semaines, la cote d’efficacité moyenne des quarts-arrière de la Ligue est de 109,4. Elle était de 97,4 à pareille date l’an dernier. Pour les passes entre 20 et 29 verges, cette cote augmente à 152!
Qu’est-ce qui peut expliquer ce phénomène? Ce qui saute aux yeux en premier, c’est l’abondance de talent qu’on retrouve actuellement aux positions de quart-arrière et de receveur.
Huit des neuf passeurs partant à l’heure où j’écris ce texte sont des athlètes prouvés, qui seraient partants peu importe l’uniforme qu’ils porteraient. Jake Maier, à Ottawa, est l’exception à la règle, et le ROUGE et NOIR a effectué un mouvement de personnel intéressant cette semaine en envoyant Dru Brown à Winnipeg, avant de parapher une entente avec le vétéran McLeod Bethel-Thompson.
La capitale nationale est la seule ville du circuit Johnston où plane un certain doute quant à l’identité réelle du quart-arrière partant.
Chez les receveurs, on ne cesse de s’émerveiller devant les prouesses des joueurs évoluant à cette position. Des tracés exécutés à la perfection aux attrapés contestés, les receveurs sont en grande forme depuis le début de la saison. Je vous mets au défi d’identifier un groupe de receveurs « faible » parmi les neuf formations de la Ligue.
Fait intéressant, sept des dix receveurs les plus productifs depuis le début de la saison sont Canadiens. De ce nombre, les Québécois Samuel Emilul et Kevin Mital impressionnent particulièrement.

David Kirouac/LCF.ca
Est-ce que cette domination aérienne est la nouvelle norme dans la LCF? Les coordonnateurs défensifs sont-ils en train de plancher sur la parfaite tactique pour contrer le jeu de passe?
Seul le temps nous le dira, mais si l’on en croit l’entraineur-chef des Alouettes, Jason Maas, les attaques vont continuer d’exploiter cette faille tant qu’elle se présentera à elles.
« Ça ne me surprend pas, si on regarde la qualité actuelle des quarts-arrière dans notre ligue. J’ai aussi beaucoup de respect pour les unités défensives. Elles sont dures à affronter, et il faut avoir des jeux visant à gagner beaucoup de verges si on veut marquer des points. Les défenses jouent un peu plus des couvertures de zone, ce qui peut rendre vulnérable aux longs jeux. »
« Je ne dirais pas que c’est une mode. Ce sont les choses qui s’offrent à nous présentement, et les coordonnateurs comprennent cela. Il faut compter sur de longs jeux dans son livre de jeux pour marquer des points dans cette ligue. »
L’excellent travail des lignes à l’attaque est aussi en partie responsable de ce phénomène, alors que sept des neuf formations ont accordé trois sacs ou moins cette saison. Avec plus de temps dans le champ-arrière, le quart-arrière peut étudier ses options, et les receveurs peuvent créer de la séparation entre eux et les joueurs défensifs.
Les défenses vont assurément apporter des ajustements pour contrer cette tendance aérienne, mais, pour le moment, la saison 2026 de la LCF semble se jouer dans les airs plus que jamais!