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22 juin 2026

Bourdonnais : À force de jouer avec le feu…

Paul Swanson/LCF.ca

MONTRÉAL – Retour en 2006. J’ai 8 ans, et mon père fait cuire des crêpes. Une consigne claire : ne touche pas au rond de poêle, c’est très chaud. La suite est prévisible : j’ai mis ma main sur le rond, je me suis fait mal et j’ai obtenu un classique « Je te l’avais dit! »

Samedi après-midi, les Alouettes ont joué avec le feu pour une troisième fois en trois matchs. Et un peu comme moi, cette fois, ils ont mis la main sur le rond chaud et se sont brûlés.

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Pourtant, le match avait bien commencé pour la troupe de Jason Maas. Montréal a rapidement pris les devants 13-0, alors que l’attaque des Elks, elle, semblait mélangée comme un jeu de cartes.

Edmonton n’a obtenu qu’un seul premier essai à ses quatre premières séquences à l’attaque. Cody Fajardo, qui disputait un premier duel contre son ancien coéquipier Davis Alexander, avait l’air de forcer inutilement des passes vers l’autre ancien des Alouettes, Austin Mack. Pire encore : les Elks n’ont remis le ballon qu’une seule fois à leur demi offensif étoile Justin Rankin lors de ces séquences. Bref, rien n’allait pour Edmonton, et la défense de Noel Thorpe semblait en contrôle.

Puis le vent a tourné avec un peu plus de deux minutes à jouer à la première demie. Le coordonnateur à l’attaque d’Edmonton, Jordan Maksymic, a amorcé une séquence en appelant quatre jeux au sol de suite avec Rankin, bons pour 45 verges. Quelques jeux plus tard, Austin Mack inscrivait le touché qui ramenait les Elks dans le match.

Vous connaissez la suite : Rankin a connu une deuxième demie du tonnerre. Le demi offensif a terminé le match avec 230 verges et deux touchés sur 23 touches de ballons. Par moments, les joueurs des Alouettes semblaient en avoir plein les bras. Des jeux qu’on croyait terminés derrière la ligne de mêlée se sont transformés en longs gains pour Edmonton. Pas moins de 23 points sans réplique plus tard, les Elks avaient les devants 23-13 au début du quatrième quart.

Mais pour une troisième semaine consécutive, les Alouettes sont venus de l’arrière au quatrième quart, et comme lors de la semaine 1 à Hamilton, ils ont forcé la prolongation. Pourtant, Montréal aurait pu se sauver avec la victoire en temps réglementaire, mais deux échappés perdus par Tyler Snead et Mario Alford (retour de botté de dégagement) ont mis des bâtons dans les roues de Davis Alexander et de l’attaque montréalaise, en plus d’offrir trois points supplémentaires aux Elks.

LA BONNE DÉCISION EN PROLONGATION? 

Paul Swanson/LCF.ca

Un jeu important a retenu l’attention en prolongation.

Alors que Montréal a inscrit trois points sur sa première (et seule) séquence de la prolongation, la défense avait la tâche de stopper les Elks. Najee Murray a provoqué un échappé aux dépens de Rankin, et le ballon a quitté le terrain sans qu’on puisse voir clairement qui avait touché le ballon en dernier. Si Montréal reprenait possession, le match se terminait. La décision sur le terrain a toutefois favorisé les Elks, et la reprise vidéo n’a pas suffi à faire changer la décision. Mon avis personnel : on ne voyait pas grand-chose sur les angles proposés à la télé. Difficile de faire changer la décision dans ce temps-là.

Ma conclusion est la suivante : après trois semaines, Montréal est toujours à la recherche de sa première performance soutenue de 60 minutes.

PAS DE PLUIE, PAS D’EXCUSE 

Chris Tanouye/LCF.ca

L’attaque du ROUGE et NOIR ne peut plus se cacher derrière la météo de la semaine 1, ni derrière l’absence de son nouveau demi offensif Greg Bell, pour justifier ses insuccès. Dans une température confortable et avec Bell en uniforme, cette unité n’a quand même pas été capable d’offrir du football de qualité.

Pourtant, les Argonauts ont tout fait pour laisser Ottawa revenir dans le match en bousillant des possessions et en faisant cadeau du ballon. Chad Kelly a été victime de quatre interceptions, dont certaines étaient des erreurs de jugement flagrantes. Au total, on a eu droit à 11 revirements dans ce match de fou.

Pour une deuxième fois en autant de matchs, le ROUGE et NOIR a été arrêté sur sa première tentative de faufilade du quart (cette fois avec Jake Maier plutôt qu’avec Max Duggan) et a ensuite retiré ce jeu du cahier. Si bien qu’à la ligne de 1 des Argos, Ryan Dinwiddie a appelé deux jeux de passe et une course avec Daniel Adeboboye (qui n’avait pas touché au ballon du match).

La faufilade du quart est un jeu de routine dans la LCF. Aucune équipe ne peut ne vanter d’être capable de s’en passer, encore moins une équipe qui est incapable de faire bouger le ballon comme Ottawa.

Ça ne sent pas bon dans la capitale. Je sens beaucoup de décisions de panique de la part du nouveau manitou de l’équipe, et je ne sais pas combien de temps on va s’obstiner à garder Maier dans la mêlée : j’ai de la difficulté à voir cette attaque s’améliorer tant qu’il sera sur le terrain.

QUELQU’UN A VU MON CHAT? 

Kevin Sousa/LCF.ca

Malgré tout ce qui se passe à Ottawa, ma plus grande déception se trouve quand même à l’autre côté du pays. Les Lions de la Colombie-Britannique ont offert un effort minable contre les Tiger-Cats à Hamilton vendredi soir.

Ce ne sont plus des Lions qui jouent en défense pour l’équipe de la Colombie-Britannique, mais plutôt des chats dégriffés. Vous savez ceux dont le maître ne les laisse même pas sortir à l’extérieur, de peur qu’ils soient mangés tout rond par un prédateur? Ceux-là. Et cette fois, le prédateur s’appelait Bo Levi Mitchell.

Jamais pressé dans ses mouvements et profitant d’une tertiaire perdue, le vétéran a complété cinq passes de touchés en 15 passes complétées (et en seulement 18 passes tentées). Dès le début du match, l’unité défensive de Mike Benevides a été exposée en accordant deux passes de 56 verges et une pénalité de 47 verges pour obstruction sur le receveur. Résultat des courses : les Tiger-Cats ont marqué des touchés sur leurs trois premières séquences (et même quatre des cinq premières) et n’ont jamais regardé en arrière.

Comprenez-moi bien : Nathan Rourke a perdu à peu près tous ses receveurs partants en raison de blessures. J’ai de la difficulté à pointer du doigt lui et son unité offensive pour ce qui est arrivé dans ce match, surtout qu’ils ont été capables d’inscrire 27 points malgré tout.

Je dois également lever mon chapeau au receveur québécois Nick Cenacle, qui obtenait un premier départ dans la LCF en raison des nombreuses absences. Il a trouvé le moyen de se faire un nom en menant son équipe pour les réceptions (neuf) et pour les verges sur des réceptions (120) et en inscrivant les deux premiers touchés de sa carrière au quatrième quart.

Si vous ne le connaissiez pas déjà, prenez son nom en note.