Tim Matwey/LCF.ca
MONTRÉAL – Le maître contre l’élève, le grand frère contre le petit frère ou, simplement, le vétéran Cody Fajardo contre son successeur, Davis Alexander. Les deux hommes viennent de se partager les honneurs de joueurs du mois dans la LCF et se retrouvent face à face sur le terrain pour la deuxième fois seulement,
Fajardo a gagné le premier affrontement en marquant lui-même le touché de la victoire en prolongation.
Même s’il s’agissait de la première défaite de Davis Alexander chez les pros, le jeune homme du Nord-ouest américain arborait un grand sourire en félicitant Fajardo. Certains partisans lui ont même reproché, en disant que tu ne pouvais pas avoir l’air aussi heureux quand tu perds un match.
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Mais, ce sourire en disait beaucoup sur la relation entre les deux hommes. Au plan football, les deux joueurs se sont épanouis dans le système de Jason Maas, mais ne se ressemblent pas tellement.
Alexander a un des bras les plus puissants du football canadien, tandis que Fajardo est le roi de la courte passe. Les deux hommes sont cependant aussi assoiffés de victoires l’un que l’autre.
D’ailleurs, quand on a demandé à Davis Alexander de nous parler de Fajardo, il nous a raconté tout ce qui entoure le football pour un quart : la façon de se préparer, de se comporter sur le terrain, dans les salles de vidéo, à l’extérieur du terrain, etc.
Mais, quand on se concentre sur ce qui se passe entre les lignes, Alexander a retenu la précision des passes de son aîné et sa faculté à faire ce qu’il faut pour gagner des matchs.
Cody Fajardo bataille avec Trevor Harris pour le titre de passeur le plus précis de l’histoire. Il a maintenu une moyenne de plus de 70 % de passes complétées à chacune de ses saisons comme partant, sauf une, sa deuxième en Saskatchewan, où il s’est « contenté » de 69,6 %.
Mais, ce qui est quelquefois oublié, c’est qu’il a gagné près de 60 % de ses départs dans la LCF, ce qui veut dire une moyenne de plus de 10 victoires dans une saison de 18 matchs.
Quand il est arrivé en Saskatchewan, il a mené l’équipe à deux finales de l’Ouest consécutives, avant de connaître une saison difficile, où les Roughriders se sont inscrits du mauvais côté du livre des records en accordant un ronflant 77 sacs.
Fajardo est ensuite venu rejoindre Jason Maas à Montréal, où ils ont gagné la Coupe Grey en 2023 avant de se faire battre en finale de l’est, la saison suivante.
L’an dernier, il s’est retrouvé à Edmonton, et les Elks, qui se cherchaient un quart partant depuis une éternité, ne lui ont donné le ballon qu’à partir de la semaine 8. S’ils lui avaient fait confiance dès le départ, les Elks auraient probablement accédé aux éliminatoires.
Mais, malgré ses records de précision et sa réputation de gagnant, il ne semble pas avoir la même reconnaissance que les autres quarts « élite » de la LCF. Quand on parle des meilleurs quarts de la Ligue, les noms de Bo Levi Mitchell, Nathan Rourke, Trevor Harris, Zach Collaros et, maintenant, Davis Alexander sont généralement prononcés avant le sien.
Pourtant, chaque fois qu’on lui en donne la chance, Cody Fajardo démontre qu’il fait partie des meilleurs quarts du circuit.
S’il n’obtient pas une reconnaissance généralisée de la part des membres des médias ou du public, Fajardo est assurément respecté dans les vestiaires où il est passé.
Son dauphin, Davis Alexander se fait un devoir de le rappeler.
« Ce n’est rien contre les membres des médias, mais les joueurs, eux, savent à quel point il est bon. »
« C’est un gagnant, et c’est un gars d’une grande valeur. Je suis reconnaissant de l’avoir croisé. »
Jason Maas est tout aussi élogieux,
« Cody s’est battu pour tout ce qu’il a obtenu dans cette ligue. Grâce à son ardeur au travail. C’est de cette manière qu’il a fait mentir ses dénigreurs. »
« Je ne peux pas comprendre que certains puissent encore douter. Avec tout ce qu’il a accompli jusqu’ici et encore plus cette année, avec la fiche de son équipe. »
Cody Fajardo a gagné six de ses sept départs contre les Alouettes, et il leur a infligé leur seul revers cette saison.
Bref, si l’élève Davis Alexander est brillant et mène la Ligue pour les verges par la passe et les longs jeux, méfiez-vous quand même du vieux professeur qui peut découper une défense avec ses courtes passes.
« THE DOG DAYS OF SUMMER »
La semaine dernière, on a parlé des « Dog Days of summer », cette période de l’été où il fait très chaud et qui coïncide avec la mi-saison, moment où les blessures s’accumulent et plus personne n’est physiquement à 100 %.
Les Alouettes ont eu un bon exemple des difficultés qui viennent avec cette portion du calendrier.
Cette semaine, ils se sont entraînés sans cinq joueurs qui étaient partants en défense, vendredi soir dernier, à Ottawa.
La bonne nouvelle pour le coordonnateur défensif Noel Thorpe, c’est que tous les remplaçants ont déjà foulé le terrain cette saison. Il n’y aura donc pas de verte recrue en uniforme.
Mais, perdre des vétérans établis comme Wesley Sutton, Najee Murray, Mustafa Johnson et Geoffrey Cantin-Arku au cours de la même semaine, ça doit quand même laisser des traces.
On verra comment ils s’en tireront face à Cody Fajardo, Austin Mack et, surtout, Justin Rankin, qui s’était amusé contre les Alouettes lors du premier affrontement entre les deux équipes.