La Presse Canadienne
MONTRÉAL – Près de 48 heures après la défaite de 25-17 subie aux mains des Roughriders de la Saskatchewan en finale de la Coupe Grey, le quart Davis Alexander a toujours bien du mal à accepter cette première défaite dans la Ligue canadienne de football.
«Les sentiments sont toujours les mêmes. Mon coeur saigne pour mes coéquipiers; ça va me gruger pendant encore un certain temps. Je promets de revenir plus fort. On va laisser cette défaite décanter un certain temps avant d’aller de l’avant», a déclaré le pilier des Alouettes de Montréal, la mine déconfite et la voix basse lors du bilan de la saison, au Stade olympique mardi.
Alexander s’en voulait toujours d’avoir commis trois interceptions dans ce match ultime, qui est venu couronner une saison au cours de laquelle il n’a jamais vraiment été à 100 %, malgré ses succès lorsqu’il a été en uniforme.
En effet, nous avons appris mardi qu’Alexander a joué toute la saison ennuyé par cette blessure à l’ischiojambier gauche, subie initialement en avril, à l’entraînement. Cette blessure, qu’il a aggravée au troisième match de la saison, aurait dû nécessiter une longue période de convalescence et de rééducation.
«Il n’y a pas d’autre secret que le temps. (…) Nous savions que ça ne serait pas à 100 % pour le reste de la saison, compte tenu de la gravité de la blessure. C’était une déchirure de grade 3C, c’est le niveau le plus grave sans que le muscle soit complètement détaché de l’os. Ce type de blessure demande quatre mois de convalescence.
Alexander compte maintenant prendre tout le temps nécessaire afin de tourner complètement la page sur ce chapitre de sa carrière. Au cours des prochains jours, il se soumettra à des traitements avec l’équipe médicale de l’équipe comme si la saison était toujours en cours. Il retournera ensuite en Arizona, où il poursuivra sa rééducation.
«De façon égoïste, il y a une portion de moi qui sentait le besoin d’être à fond de train dès le premier jour (du camp) afin de montrer que je méritais le poste de no 1, a indiqué Alexander. Il y a aussi une partie qui vient du fait que nous n’étions pas certains de la gravité exacte de la blessure à ce moment, comme j’avais été en mesure de faire tout le camp et de jouer les trois premiers matchs avant de me blesser de nouveau.
Le no 10 des Alouettes évaluera toutes les pistes possibles afin que ce problème ne soit plus récurrent, y compris de changer son mode d’entraînement pendant la saison morte.
«Peut-être que je m’entraîne trop fort, ç’a été brièvement abordé, a-t-il admis. Je ne croyais pas à cela jusqu’à aujourd’hui, j’imagine. Nous évaluerons tout ça. Nous devrons regarder ça en équipe.
«J’ai fait du Pilates l’an dernier. À l’endroit où je m’entraîne, nous travaillons sur la flexibilité près d’une heure avant chaque session. Une partie de moi pense que ce n’est que de la malchance, mais une autre pense qu’il s’agit peut-être de surentraînement. Je vais prendre le repos qu’il faut, car c’est arrivé en avril dernier et nous avons dû gérer ça toute la saison. La blessure a besoin de temps.»
Fier malgré tout
Cette défaite n’enlève en rien la fierté d’Alexander au sujet de ce qu’il a accompli cette saison, mais il aura besoin de quelques jours, voire quelques semaines avant de pleinement apprécier 2025.
«Ç’a confirmé que je pouvais jouer dans cette ligue, être bon dans cette ligue, a dit celui qui n’a pas encore revu le match de dimanche outre quelques faits saillants ni répondu aux nombreux messages qu’il a reçus. C’est dur de passer au travers une saison pour atteindre ce grand moment, l’occasion de remporter un championnat, et arriver à court. Je ne veux pas que ça ait l’air d’une saison perdue. Vous apprenez de toutes vos expériences, mais ça fait mal.
«Au plus profond de moi, je crois être fier de moi, mais je suis aussi dégoûté d’avoir joué le pire match de ma carrière au plus gros moment de ma vie.»
Alexander n’avait pas encore rencontré tous les entraîneurs au moment de discuter avec les journalistes, mais il avait rencontré Anthony Calvillo. La légende des Alouettes a pris le temps de lui dire à quel point il était voué à un grand avenir.
«Les entraîneurs m’ont dit qu’ils étaient très fiers. ‘A.C.’ m’a dit que j’étais en avance pour mon âge et que j’aurai une longue carrière, mais qu’il comprenait que ça faisait mal.
«Il a mentionné à quel point il était fier de moi et de continuer de travailler, d’être moi-même, que de bonnes choses surviendront.»
Patterson pas à blâmer
Après le match de dimanche, le quart Shea Patterson, qui a échappé le ballon à la porte des buts des Riders alors que les Alouettes tentaient de créer l’égalité en fin de quatrième quart, était inconsolable. Personne dans le camp des Oiseaux ne lui a jeté le blâme, mais Alexander a tenu à réitérer la confiance qu’ont ses coéquipiers envers Patterson.
«Shea Patterson a été tout un joueur pour nous. Il s’est amené ici et s’est avéré 15 fois meilleur que ce que nous espérions, a souligné Alexander. Nous avons eu Dominique Davis, qui a été très bon pour nous sur les courts jeux. Caleb Evans a connu une saison de 14 touchés si je ne me trompe pas. Si Shea avait été avec nous toute la saison, il aurait connu une saison de 20 touchés.
«Ces choses arrivent. Je compatis avec Shea. Si je ne commets pas trois interceptions, il ne se retrouve pas dans cette situation. (…) Malgré tout, nous avions encore une chance d’égaler la marque.»
Marc-Antoine Dequoy, Austin Mack, Alexandre Gagné, Tyler Snead et Tyson Philpot ont également rencontré les médias lors de cette dernière occasion pour les médias de discuter avec les joueurs de l’édition 2025. Certains de ces joueurs, dont Philpot et Gagné, deviendront d’ailleurs joueurs autonomes à compter du 15 février prochain si une nouvelle entente n’est pas conclue avec le club.
Mercredi, ce sera au tour de la haute direction de l’équipe de dresser le bilan de cette dernière campagne.