Alouettes : Philpot semble vouloir étudier ses options en vue de la saison 2026
La Presse Canadienne
MONTRÉAL – Tyson Philpot est l’un des éléments clés du groupe de receveurs des Alouettes de Montréal. Mais celui qui pourrait devenir joueur autonome en février prochain a-t-il disputé son dernier match avec les Oiseaux? Il a en tout cas laissé planer un certain doute sur son retour lors du bilan de fin de saison de l’équipe, mardi.
«J’entre assurément en territoire inconnu, a-t-il imagé dans les entrailles du Stade olympique. Il y a deux ans, on a prolongé mon contrat après la Coupe Grey, alors je ne me suis jamais vraiment retrouvé dans cette situation. J’aime jouer ici. Les gens dans cette ville ont été tellement accueillants. J’aimerais qu’on puisse s’entendre, mais je n’ai pas de boule de cristal; je ne peux pas vous dire ce qui va arriver. Il suffira pour Danny (Maciocia) et moi d’avoir ces discussions pendant la saison morte et de voir comment on peut s’entendre. Au final, comme je l’ai déjà dit auparavant, il faudra que ç’ait du sens pour ma famille et moi.»
L’an dernier, son frère jumeau Jalen aurait pu devenir joueur autonome et l’idée a été avancée qu’il pourrait rejoindre Tyson à Montréal. Il a cependant signé un nouveau pacte avec les Stampeders de Calgary et c’est cette fois la situation inverse qui survient. Comment Tyson trouve-t-il l’idée?
«Je ne sais pas si on peut dire que je trouve l’idée séduisante, mais j’en suis à une étape de ma carrière où ça me titille de jouer avec mon frère sur la plus grosse scène qui soit, a-t-il admis. (…) Ça devient plus tangible cette idée avec mon contrat qui arrive à échéance. Je ne sais pas comment tout ça va se terminer.
«L’herbe n’est pas toujours plus verte chez le voisin. J’ai appris cela des vétérans que j’ai côtoyés ici. J’ai pu voir comment Eugene Lewis a géré son gros contrat quand sa dernière entente est venue à échéance. On a vu ce que ça a donné. Je vais m’appuyer sur des gens qui se sont retrouvés dans la même situation et faire ce qui est le mieux pour moi.»
Pour la petite histoire, Lewis a quitté pour Edmonton pour deux saisons à l’hiver 2023. En 2025, il a joué pour le Rouge et Noir d’Ottawa et serait l’un des six receveurs les mieux payés du circuit selon 3 Down Nation. Il n’a toutefois pas participé aux éliminatoires depuis qu’il a quitté les Alouettes. Seul Austin Mack chez les Oiseaux percerait le top-20 des plus hauts salariés de la LCF à cette position, avec 203 000 $ annuellement, ce qui lui conférerait le neuvième rang. Jalen Philpot serait 17e, à 191 000 $.
«C’est ce qui est le plus triste: chaque édition n’est jamais la même», a déclaré le maraudeur Marc-Antoine Dequoy, sans parler de Philpot précisément, mais de l’autonomie en général.
«C’est la plus belle édition dont j’ai fait partie à Montréal. Chaque édition était belle, mais ce n’était même pas proche cette saison, a-t-il poursuivi. Ça me faisait penser à mes années universitaires. Je veux remercier tous les joueurs, tous les membres de l’organisation, car ç’a vraiment été une année incroyable. C’est la réalité du football de savoir que certains joueurs ne seront pas de retour. J’ai confiance en l’équipe des opérations football.»
Lui-même joueur autonome, Dequoy avait un ton bien différent de Philpot.
«Pour ma part, on sait où se trouve mon cœur. J’aimerais bien rester à Montréal.»
«Cette m**** doit cesser!»
Bien évidemment, il a été question des nombreux revirements commis par les Alouettes dans la défaite de 25-17 subie aux mains des Roughriders de la Saskatchewan à la Coupe Grey. Ce sont quatre revirements que les Oiseaux ont commis. Ils en avaient aussi commis cinq en finale de l’Est de 2024, où leur parcours s’était arrêté face aux Argonauts de Toronto.
«Ça ne peut plus être la responsabilité de Coach Maas maintenant. Il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour nous imprégner cette notion depuis le jour 1, a dit Philpot. On ne peut pas gagner des matchs de football comme ça, surtout pas les gros matchs. Ça revient aux joueurs. On doit être responsables. Cette merde doit cesser! Ça fait deux années consécutives qu’en éliminatoires, on laisse les choses aller en raison d’aspects que nous sommes en mesure de contrôler. Si on veut retourner en championnat en 2026, il faudra corriger cela, jouer le type de football qu’on est en mesure de jouer.»
«On en a parlé toute l’année: on savait que le nerf de la guerre était de protéger le ballon, a ajouté Dequoy. Tu termines le dernier match sur des erreurs que tu croyais avoir corrigées. Si tu regardes les succès de cette équipe, on a été capable de protéger le ballon plutôt bien. (…) Parfois, ça ne tombe pas de ton côté. Ce n’est pas qu’on n’en a pas suffisamment parlé, à l’inverse, l’accent a été mis là-dessus toute l’année.»
Le secondeur Alexandre Gagné avait un ton un peu plus résigné.
«Tranquillement pas vite, tu commences à accepter le sort qu’on s’est infligé, a dit le no 34. C’était la dernière fois que l’édition 2025 jouait ensemble. Ça ne fait pas moins mal, mais tu acceptes. Ce ne sont que quelques petites erreurs qui font que ça nous ait glissé entre les (doigts).
«Ce qui fait encore plus mal, c’est que cette année, nous n’allions pas à la Coupe Grey pour essayer de gagner, mais on avait le sentiment qu’on allait gagner. Même quand ça allait moins bien, on se disait que la partie difficile du match était terminée et qu’on allait trouver une façon de venir de l’arrière. On a fini par trouver une façon, mais on n’a pas réussi à exécuter certains jeux. Nous n’étions qu’à quelques verges de créer la zizanie. On aurait senti l’effet de peur de l’autre côté.»
Lui aussi pouvant toucher à l’autonomie, ce sera à Montréal ou nulle part en 2026.
«C’est mon message aux entraîneurs: je veux continuer de jouer au football. J’ai du ‘fun’. Ma réalité, c’est que lorsque je viens ici, je joue au ballon avec mes amis. Peu importe l’âge que j’ai, c’est ça la réalité. (…) J’ai juste du plaisir à faire ce que je fais. Si je peux le faire le plus longtemps possible, je vais continuer de le faire.»
La direction du club livrera ses impressions finales sur la saison 2025 mercredi.