Les Alouettes et les Roughriders reconnaissent la valeur de l’expérience
Thomas Skrlj/LCF.ca
WINNIPEG – On dit que l’expérience ne s’achète pas. C’est pourquoi les deux équipes qui se disputeront la 112e Coupe Grey ce dimanche tentent de tirer parti au maximum de celle amassée par leurs vétérans au fil des ans pendant cette semaine inhabituelle.
L’omniprésence des médias de partout au pays, l’horaire atypique des séances d’entraînement, le fait de s’installer dans de nouveaux locaux pour une semaine complète et les festivités entourant la Coupe Grey sont autant d’éléments qui peuvent déstabiliser les joueurs, jeunes et moins jeunes, qui n’ont jamais vécu l’expérience auparavant.
«L’expérience aide assurément. Tout le monde va être excité de participer à cette semaine, mais les gars qui y sont déjà venus aideront les autres à se mettre à l’aise, car ils pourront partager ce qu’ils ont déjà vécu», a indiqué l’entraîneur-chef des Alouettes, Jason Maas, lors de la journée des médias au Centre de congrès RBC de Winnipeg.
«L’Idée est de rendre cette semaine la plus normale possible, a ajouté Maas. La principale différence est que nous devons gérer un peu plus d’inconnus. De parler avec des gens qui y ont déjà participé aide à passer au travers. Nous comptons sur plusieurs gars qui ont déjà participé à une semaine de la Coupe Grey et ça va nous aider.»
Les Alouettes présentent en bonne partie la même formation qui a remporté la grande finale du football canadien en 2023, à Hamilton. Les Roughriders ne peuvent compter sur le même bassin, eux qui n’ont pas atteint la finale de la LCF depuis leur quatrième conquête, en 2013. Ce sont donc vers les joueurs acquis ces dernières années qu’ils se tournent pour partager cette expérience.
«Particulièrement chez les gars que nous avons amenés l’an dernier et cette année, on cherchait des gars qui avaient déjà gagné, a admis l’entraîneur-chef, Corey Mace. C’est certain que ça aide, mais il faut surtout poursuivre le même procédé qui nous a menés jusqu’ici, chez les joueurs comme chez les entraîneurs.»
Les joueurs des Alouettes qui ont vécu 2023 n’ont pas lésiné sur les conseils auprès de leurs coéquipiers.
«C’est une chose que j’ai dite aux gars dès qu’on a gagné (à Hamilton): préparez-vous pour une semaine super occupée, mais n’oubliez pas que l’objectif est de gagner, a indiqué le receveur Tyson Philpot. Ce ne sont pas des vacances. On a un travail à faire et ensuite, nous célébrerons.»
«Il faut rester dans le moment présent et se rappeler que rien n’est trop gros. Il faut l’apprécier, car on n’est pas assurés de revenir. J’ai la chance de vivre ma quatrième Coupe Grey et je peux donc partager mon expérience avec les plus jeunes», a pour sa part noté le secondeur Tyrice Beverette.
Ces conseils sont d’ailleurs appréciés de ceux qui vivent l’expérience pour la première fois.
«Ça fait du bien d’avoir tous ces vétérans qui ont partagé leur expérience, a raconté le secondeur Geoffrey Cantin-Arku. On a des gars comme Shawn Lemon, qui est dans la ligue depuis 10 ans. De les avoir à nos côtés et de profiter de leur expérience, ça nous aide à nous préparer et savoir à quoi s’attendre.»
Similitudes
Le fait de compter sur plusieurs joueurs qui ont vécu l’expérience de 2023 permet aux Alouettes de dresser certaines similitudes entre les deux éditions et les deux finales.
«C’est la grande différence avec 2023: toute l’équipe sait un peu à quoi s’attendre. (…) Des joueurs avaient déjà participé, mais on dirait que cette année, la grande différence c’est que ce n’est pas nouveau. On a une partie de nos joueurs qui faisaient partie de cette édition; on sait à quoi s’attendre», a déclaré le maraudeur Marc-Antoine Dequoy.
«Tout a commencé dans la finale de l’Est. (Le lendemain), on savait ce qui s’en venait, a poursuivi Dequoy. On était conscients de quoi allait avoir l’air de l’horaire de la semaine. On savait dans quel état d’esprit aborder ça. Après cela, il a moins de questions et plus de réponses.»
En mode affaires
Un thème qui est souvent revenu dans les discussions avec les joueurs cette semaine est la comparaison avec un voyage d’affaires. Personne n’est ici pour profiter des charmes de Winnipeg.
«Nous avons parlé des distractions avant de partir et avons rappelé à tous que c’était un voyage d’affaires. Nous allons parler préparation toute la semaine. C’est ce qui fait de nous une équipe différente, qui nous a permis de connaître du succès, a souligné Maas. Autant cette semaine peut sembler et être différente, comme organisation, nous devrons nous assurer qu’elle ressemble le plus possible à une semaine normale pour nos gars. Nous avons réussi, car notre premier entraînement (mercredi) a été excellent.
«À mon avis, le plus important dans le sport est d’être capable de connaître l’horaire d’avance. C’est peut-être différent, mais au moins, vous saurez ce qui s’en vient. Ensuite, il faut en tirer le maximum, (…) être le plus efficace possible et ne pas faire en sorte que ça devienne une distraction.»
Si jamais certains l’oublient, ils pourront compter sur le secondeur Darnell Sankey pour leur botter le derrière.
«C’est parfait d’apprécier le moment, c’est notre rêve d’être ici. (…) Mais vous ne pouvez pas vous permettre de demeurer dans cet état, car vous avez un job à faire. C’est pourquoi je m’applique à leur rappeler constamment de ne pas oublier ce pour quoi nous sommes ici. Nous avons une éthique de travail sans tâche ici et nous l’appliquerons toute la semaine.»