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23 octobre 2025

Le centre Justin Lawrence est le pilier anonyme de l’attaque des Alouettes

Graham Hughes/LCF.ca

MONTRÉAL – Le travail de joueur de ligne à l’attaque est à la fois ingrat et difficile à évaluer si vous n’avez jamais évolué dans un football de haut niveau, mais il est ô combien important. C’est pourquoi la nomination du centre Justin Lawrence à titre de joueur par excellence de la ligne à l’attaque des Alouettes a réjoui un peu tout le monde au sein des troupes montréalaises.

Le no 54 des Oiseaux ne voit que très rarement son nom dans les comptes rendus des matchs, mais son travail, comme celui de ses quatre coéquipiers sur la ligne offensive, est essentiel aux succès de Davis Alexander, Stevie Scott III et des autres membres plus «visibles» de l’attaque.

«C’est tout un honneur, qui se reflète sur mes entraîneurs, de la façon qu’ils me préparent pour les matchs, ainsi que sur mes coéquipiers, a humblement noté Lawrence après l’entraînement de jeudi, au stade Hébert de Saint-Léonard. Nous sommes si près au sein de cette ligne à l’attaque. N’importe qui au sein de celle-ci aurait pu mériter cet honneur.»

Ses entraîneurs trouvent tout de même qu’il n’a pas volé cet honneur. Les Alouettes viennent au deuxième rang du circuit pour les sacs accordés avec 24 cette saison, une statistique largement due à la ligne offensive, dont Lawrence est le général.

«C’est un gars qui communique de façon incroyable sur le terrain, l’a louangé l’entraîneur-chef Jason Maas. (…) C’est l’essence même d’un joueur de ligne, a poursuivi Maas. C’est un joueur très physique et très doué. La façon dont il est un leader pour nous sur le terrain, c’est fantastique. Quand je pense à lui, ce qui me vient en tête en premier ce sont ses qualités de leader et de communicateur.»

L’entraîneur de la ligne à l’attaque, Luc Brodeur-Jourdain — lui-même un ex-centre — croit aussi que Lawrence est doté de qualités innées qui ne sont pas données à tous.

«Il a l’ambition de foncer et de terminer son bloc. Avoir cette ambition en soi, cet instinct, cette agressivité, sans le faire au détriment de tout ce qui se passe autour, c’est signe que tu es un bon centre.»

«Le plus important pour moi est de bien communiquer, voir ce que la défense nous montre et m’assurer qu’on soit tous sur la même longueur d’onde, a expliqué Lawrence. Si on a chacun un casque devant le nôtre et que tout le monde est surveillé, c’est signe qu’on a fait notre boulot. Je m’assure aussi d’être le pilier de cette ligne, d’être celui qui rassemble les gens afin que tout le monde ait une bonne relation entre eux.»

Adaptation

Lawrence était déjà un vétéran quand il s’est amené chez les Alouettes en vue de la saison 2023, après trois campagnes passées à Calgary et une autre à Toronto. Mais il a tout de même eu besoin d’un certain temps avant de s’acclimater à son nouvel environnement.

«Une bonne demi-saison, a-t-il estimé jeudi. Les entraîneurs me bombardaient d’informations et je crois sincèrement qu’ils le faisaient pour me rendre meilleur. Je tente toujours de m’améliorer chaque jour avec ce qu’on m’enseigne.»

«Ce n’est pas facile de s’amener dans un nouveau vestiaire, apprendre une nouvelle terminologie et effectuer tout ce que nous demandions de lui sur le terrain, l’a excusé Maas. Il y a eu une période d’apprentissage, mais chaque fois que nous lui avons demandé d’ajuster un aspect de son jeu, il a redoublé d’ardeur pour ce faire. Maintenant qu’il est bien à l’aise, on voit qu’il récolte tous ce qu’il a semé. La façon dont il mène cette ligne, c’est de toute beauté.»

Brodeur-Jourdain n’est pas prêt à donner tout le blâme à Lawrence cependant pour ce moment de flottement à son arrivée.

«En 2023, nous étions une équipe qui se découvrait globalement, a-t-il rappelé au sujet du nouveau groupe d’entraîneurs. On a tous connu des moments plus difficiles et on a gagné en maturité avec le temps. Au tout début, c’était de s’habituer au langage. On n’avait pas les mêmes appellations qu’à Toronto, ni les mêmes techniques. Il fallait aussi qu’il comprenne ce que je tentais de communiquer.

«Je pense que Justin, dans sa progression comme joueur, est devenu un centre élite. J’ai vu une progression en termes de professionnalisme. La croissance qu’il a connue sa première année ici, dans sa communication notamment, il s’est grandement amélioré.»

D’ailleurs, Brodeur-Jourdain a rappelé que l’absence de Lawrence pendant quelques matchs cette saison en raison d’une blessure s’est fait sentir.

«On a vu à quel point un centre c’est très important. Pas que Cyrille (Hogan-Saindon) ait été un mauvais remplaçant; il est très qualifié. Mais Justin est rendu à ce niveau-là: un centre professionnel, qui connaît la ligue et les tendances des défenses.»

Les lauréats des honneurs individuels dans chaque section seront dévoilés le 30 octobre, et les joueurs par excellence de la LCF seront ensuite couronnés lors du gala de la LCF, le 13 novembre, à Winnipeg.