La reconnaissance, l’identité et la participation comme piliers de la vérité et de la réconciliation
TORONTO – La Journée de la vérité et de la réconciliation est un moment de réflexion et d’apprentissage.
Dans le dernier épisode du balado « Diversity is Strength » de la Ligue canadienne de football (LCF), présenté par Kyndryl et diffusé sur SiriusXM, l’animateur Donnovan Bennett discute avec Taylor McPherson, ancienne lutteuse de l’Université de l’Alberta, membre du Conseil des sports autochtones de l’Alberta et gagnante de la 10e saison de l’émission « The Amazing Race », Kyle Jackson, joueur professionnel de crosse et membre de la Première Nation Aamjiwnaang (Ojibwe) de Sarnia, en Ontario, et Misty Kolozetti, vice-présidente des opérations et de la marque au Panthéon canadien des sports.
Terry Boudreau, directeur et partenaire client chez Kyndryl, participe également à la discussion. Il explique comment la découverte de ses racines autochtones a influencé sa vision de l’identité et de l’appartenance, tant sur le plan personnel que professionnel.
« J’ai grandi dans une petite ville du Nouveau-Brunswick, à la frontière du Québec, près d’une importante communauté de la Première Nation Mi’gmaq », explique Boudreau. « Comme c’est probablement le cas pour de nombreux Canadiens ayant des ancêtres autochtones, j’ai entendu souvent et très tôt que certains de mes ancêtres étaient autochtones. Ç’a éveillé ma curiosité pour l’histoire et la culture autochtones dès mon plus jeune âge. J’ai eu la chance de découvrir la culture mi’gmaq à l’adolescence, grâce à des amis que j’ai rencontrés en pratiquant la planche à roulettes et à l’école. Ces expériences à Listuguj restent pour moi des souvenirs précieux que je chéris profondément. »
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La vérité et la réconciliation sont également un exercice de cohésion communautaire. En explorant ses racines ancestrales, Boudreau a développé un intérêt plus profond pour les histoires et les défis qui façonnent les communautés autochtones au Canada.
« J’ai commencé à explorer l’histoire de ma famille et mes origines autochtones plus tard dans ma vie », a ajouté Boudreau. « Il y a quatre ou cinq ans, grâce aux archives historiques et à une étude généalogique commandée par mon oncle, j’ai découvert que ma famille et moi-même étions métis. Cette découverte m’a permis de mieux comprendre mon identité et mon appartenance culturelle. »
« Cela a également renforcé mon lien avec les Premières Nations et mon désir de comprendre leurs objectifs et les défis auxquels elles sont confrontées au Canada, notamment en matière de vérité et de réconciliation. En tant que professionnel chez Kyndryl, cela influence mon intérêt pour les initiatives de Kyndryl envers les communautés autochtones et leur impact sur ces communautés et leurs objectifs. »
Se reconnecter à ses racines et réfléchir à la signification de la vérité et de la réconciliation commence par le dialogue.
Selon McPherson, l’un des objectifs de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation est de susciter le débat et de permettre que ces discussions, parfois difficiles, se poursuivent et aboutissent à des actions concrètes qui rapprochent les communautés.
« En matière de vérité et de réconciliation, la vérité précède toujours la réconciliation, n’est-ce pas? Partager nos histoires et notre culture lors de la Journée de la vérité et de la réconciliation est donc extrêmement important pour nos communautés », a déclaré McPherson.
« Quand on parle de cette journée, je conseille toujours aux gens de sortir, de participer aux activités et de rencontrer les autres membres de la communauté », a ajouté McPherson.
« Si les enfants sont à l’école ce jour-là, ils pourraient consacrer leur journée à ce sujet, en apprendre davantage et profiter de cette occasion pour aborder des questions importantes. Il est essentiel que nous soyons enfin reconnus et que cette journée soit instaurée. Mais comment allons-nous poursuivre ces discussions? Comment allons-nous aborder ces sujets sensibles dans le cadre de la vérité et de la réconciliation? »

La LCF et Wilson ont développé des ballons de football personnalisés, avec des lacets et le logo Wilson de couleur orange, ainsi que le logo autochtone de chaque club, qui serviront lors des bottés (Kevin Sousa/LCF.ca).
Jackson est un joueur de crosse professionnel. Ce sport, inventé par les Haudenosaunee en Amérique du Nord, est un jeu sacré et cérémoniel, considéré comme un don du Créateur. Ajoutons à cela que Jackson a redécouvert ses racines plus tard dans sa vie. Il apporte donc une perspective unique aux discussions importantes évoquées par McPherson.
« Il est important, en fin de compte, de susciter le changement », a déclaré Jackson. « Je suis blond aux yeux bleus. Je ressemble plus à un Suédois qu’à un Autochtone. »
« J’ai toujours essayé de participer à ces discussions pour que les gens qui ne correspondent pas aux stéréotypes des Autochtones comprennent qu’il est possible d’être fiers de ses origines autochtones et de les revendiquer », a ajouté Jackson. « Je n’ai pas grandi dans une réserve, et j’ai découvert ma culture plus tard. Je me sentais mal à l’aise, car je ne correspondais pas à l’image habituelle des Autochtones. Je pensais qu’il fallait nécessairement ressembler aux autres. Cela vaut pour la diversité en général, pas seulement pour les Autochtones. »
L’expérience de Jackson met en lumière la complexité de l’identité et la pression ressentie par beaucoup de personnes qui se sentent obligées de « correspondre aux normes » avant de pouvoir s’intégrer pleinement dans un milieu culturel. Son parcours montre que revendiquer son héritage culturel ne se limite pas à l’apparence physique ou à la géographie, mais repose sur le lien social, l’apprentissage et la volonté de participer. Cette conviction influence son approche des discussions sur l’inclusion et le sentiment d’appartenance.
« J’aime jouer le rôle de médiateur pour les personnes qui se sentent mal à l’aise et qui, par nature, n’oseraient pas participer à une discussion ou faire partie d’une équipe, car elles ne correspondent pas aux normes établies. Comme l’a souligné Taylor, cette approche permet d’ouvrir le dialogue et de créer un environnement plus inclusif, et c’est là, selon moi, que se produit le plus grand progrès. »
Son rôle de médiateur pour ceux qui se sentent à l’écart reflète un mouvement plus large qui s’observe dans le sport canadien : la création d’espaces inclusifs. L’histoire de Jackson illustre comment la représentation peut inspirer les autres à se reconnecter à leur héritage et à participer à des discussions qu’ils auraient autrement évitées.
Cet engagement en faveur de l’inclusion se retrouve également au niveau institutionnel. C’est cet esprit d’accessibilité et de rapprochement que Misty Kolozetti et le Panthéon des sports du Canada défendent, afin de garantir que des histoires aussi riches que celle de Jackson soient non seulement célébrées, mais aussi mises en lumière pour les générations futures.
« Le Panthéon des sports du Canada, dans le cadre de son évolution, a toujours cherché à rejoindre les gens dans leur milieu », a déclaré Kolozetti. « On a constaté une plus grande accessibilité aux modèles que nous intronisons au Panthéon. Nos membres du Panthéon parlent souvent de la diversité et de la nécessité d’une représentation authentique, et non d’une simple formalité. Notre engagement est de faciliter l’accès à ces modèles et à la vision du monde que le sport nous offre. »
Ces témoignages nous rappellent que la vérité et la réconciliation ne se limitent pas à une simple journée commémorative, mais qu’il s’agit d’un processus continu qui invite les Canadiens et les Canadiennes à partager des histoires, à remettre en question les préjugés et à créer des espaces où chacun se sente à sa place, y compris dans le sport.