MONTRÉAL – C’est maintenant visible à l’oeil nu: le quart des Alouettes de Montréal, Davis Alexander, se rapproche d’un retour au jeu.
Alors qu’il s’était entraîné de façon limitée la veille, le no 10 des Oiseaux a pris part à l’entraînement complet de mardi, au stade Hébert de Saint-Léonard, pilotant la deuxième unité à l’attaque.
Alexander a passé de longs moments à décocher des passes avec les receveurs de soutien du club, en plus de courir avec le ballon en quelques occasions. Si, dans les dernières semaines, il avait le réflexe de se toucher l’arrière de la cuisse gauche après une course, ce geste — inconscient? — ne fait de toute évidence plus partie de sa routine.
Et signe qu’il est près d’un retour: on l’a rendu disponible aux journalistes sur place.
«Je me sens mieux de jour en jour, a dit le toujours souriant Alexander. Nous avons été très, très prudents avec cette blessure. Je peux assurer que je me sens mieux qu’avant la rencontre face à Toronto, au cours de laquelle je me suis blessé de nouveau.
«C’est la première fois vraiment que je me blesse de la sorte, surtout à des tissus mous. J’ai beaucoup appris à mon sujet et sur mon corps, surtout que d’habitude, je jouais malgré la douleur. Mais vous ne pouvez jouer avec une blessure aux tissus mous. Je l’ai découvert à la dure», a-t-il ajouté.
Alexander assure qu’il a appris de son premier retour précipité, en début de saison, et qu’il va s’en remettre entièrement aux décisions du personnel médical de l’équipe, cette fois-ci.
«Je leur ai dit que j’étais prêt. Ils m’ont cru. Je ne l’étais pas, et je le savais, a admis Alexander. C’est ma faute. C’était un manque de maturité. J’étais certain de pouvoir jouer malgré la douleur: je l’avais fait au cours des quatre premières semaines.»
L’entraîneur-chef des Alouettes, Jason Maas, a abondé dans le même sens.
«La prochaine fois qu’il va jouer pour nous, il va terminer la rencontre, a indiqué l’entraîneur-chef. Je me soucie suffisamment de lui et de sa carrière pour souhaiter qu’il n’ait plus de problème aux muscles ischiojambiers dans l’avenir, et nous allons nous assurer qu’il soit plus que prêt.
«Ce qu’on a vu aujourd’hui, c’est un Davis plus en santé. Je peux vous assurer que, la prochaine fois que vous le verrez jouer pour nous, il sera à 100%. (…) Il ne craindra pas de se blesser de nouveau chaque fois qu’il portera le ballon», a renchéri Maas.
On sait cependant qu’il ne sera pas de la rencontre de vendredi contre les Argonauts, à Toronto. Mais l’échéancier se redéfinit maintenant de façon quotidienne, dans cette période de rééducation.
«Je suis très près!, a laissé tomber Alexander. Mais ce sera leur décision à eux, pas la mienne.»
Rififi
La séance de mercredi a été le théâtre d’une très rare échauffourée chez les Alouettes, alors que le joueur de ligne défensive Mustafa Johnson et le joueur de ligne offensive Des Holmes ont eu une virile empoignade dans les derniers instants de l’entraînement.
Se retrouvant au sol, les deux joueurs ont été séparés par leurs coéquipiers respectifs.
«Vous détestez voir ça, a sèchement déclaré Maas. Nous répétons sans cesse que rien de ce que peut dire ou faire notre adversaire ne peut nous pousser à perdre patience de la sorte. Dans un match, vous êtes expulsé sur-le-champ. Il y a deux ans, (Austin) Mack avait été expulsé pour avoir asséné un coup de poing à un adversaire. Il n’y a jamais un moment où c’est justifié de perdre le contrôle de cette façon. Nos gars doivent mieux réagir. C’est décevant de voir ça. Est-ce que je le comprends? Oui, en quelque sorte.»
«Ça n’arrive pas souvent, a noté le joueur de ligne offensive Pier-Oliver Lestage, qui n’était pas de la formation quand le rififi a éclaté. Nous pratiquons un sport intense et, même si nous sommes coéquipiers, certaines choses se passent qui mènent à ces incidents. Il faut juste souhaiter que les deux gars se soient parlé ensuite.»
Maas a d’ailleurs louangé son club quant à la façon de gérer de tels conflits.
«La bonne chose, avec cette équipe, c’est que lorsque quelque chose du genre se produit, on laisse tout sur le terrain et on ne rapporte rien dans le vestiaire. C’est réglé et on tourne la page», a résumé Maas.
Les Alouettes (6-7) s’envoleront vers Toronto jeudi pour y affronter les Argonauts (5-8) vendredi, 19h, au BMO Field. Les Alouettes ont remporté les deux affrontements face à leurs rivaux de section en 2025.