Alouettes : Calvillo et Brodeur-Jourdain se remémorent Chiu et Copeland
Adrian Wyld/François Roy/LCF.ca
MONTRÉAL – Le 19 septembre prochain, sept nouvelles légendes seront officiellement intronisées au Temple de la renommée du football canadien.
Deux des joueurs de cette cuvée 2025 sont d’ailleurs bien connus des partisans montréalais. Le joueur de ligne offensive Bryan Chiu et le receveur Jeremaine Copeland ont en effet laissé une trace indélébile de leur passage avec les Alouettes, au tournant des années 2000.
Je me suis entretenu avec Anthony Calvillo et avec Luc Brodeur-Jourdain afin de remémorer sur la carrière de ses deux grands de la Ligue canadienne de football (LCF).
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Chiu s’est joint aux Alouettes en 1997, un an avant Calvillo. Un produit de l’Université Washington State, il s’est rapidement établi comme un centre de premier plan chez les professionnels. Quand Calvillo a rejoint l’équipe, Chiu et lui ont rapidement développé une belle complicité, un élément important entre un quart-arrière et son centre.
Les deux coéquipiers ont tous deux étés nommés pour la première au sein de l’équipe d’étoiles de la division Est en 2000. Chiu allait recevoir cet honneur à huit autres reprises au cours de sa carrière.
« Chiu a toujours été un joueur très constant », se remémore Calvillo. « Il avait beaucoup de responsabilités, avec les appels sur la ligne d’engagement, mais il performait toujours à un haut niveau. »
Copeland est quant à lui atterri dans le nid des Alouettes en 2001, après de courts séjours en Europe et dans la XFL, aux États-Unis. Rapidement, son talent et sa personnalité contagieuse ont fait de lui un joueur populaire dans le vestiaire de l’équipe.
« Il avait tellement de plaisir. Il était très compétitif, mais il avait ce type de présence qui donnait envie de jouer à ses côtés », explique l’ancien passeur des Alouettes. « Il était un excellent coéquipier et, évidemment, il réalisait de gros jeux. »
Après un court passage avec les Cowboys de Dallas en 2002, Copeland est revenu à Montréal pour compléter la saison dans la LCF. En seulement cinq rencontres de saison régulière, il a amassé 352 verges sur des réceptions et quatre touchés.
C’est lors de la Coupe Grey en 2002 que Copeland a connu son match le plus mémorable dans l’uniforme des Alouettes.
Jouée à Edmonton, contre les Eskimos de l’époque, la 90e Coupe Grey a été disputée par un temps glacial, que se souvient très bien Calvillo.
« Tout était gelé. Tout le monde glissait. Je me souviens que les joueurs se demandaient quel type de crampons porter. Une fois sur le terrain, les gars réussissaient de gros jeux, surtout Copeland. »
Au quatrième quart, alors que la marque était de 11-10 en faveur des Alouettes, Calvillo a rejoint Copeland, qui a atteint la zone des buts pour inscrire un touché de 47 verges. Edmonton a par la suite marqué un majeur – mais a raté la conversion de deux points –, portant la marque à 18-16 avec moins de 30 secondes à faire au cadran.
En désespoir de cause, les locaux ont tenté un botté court, mais Copeland s’est emparé de ballon et l’a retourné jusque dans la zone des buts, encore une fois sur une distance de 47 verges.
Les Alouettes ont remporté le match 25-16, soulevant ainsi la cinquième coupe Grey de leur histoire.
« C’est quand Copeland a inscrit le touché sur le botté court que j’ai su qu’on allait gagner. Je le répète toujours aux gens; j’ai reçu le titre de joueur par excellence de la rencontre, mais c’est Copeland qui aurait dû l’avoir. »
Ce dernier a évolué avec les Alouettes jusqu’en 2004, avant de conclure sa carrière à Calgary et Toronto. Au cours de son passage à Montréal, il a réussi 213 attrapés, pour 3445 verges et 29 touchés.
Chiu est quant à lui demeuré avec les Alouettes pour l’entièreté de sa carrière, qui s’est conclue en 2009, la même année qu’un jeune Luc Brodeur-Jourdain a effectué ses débuts professionnels. Pour un jeune joueur comme lui, un vétéran de la trempe de Chiu a servi de parfait mentor pour s’acclimater à la LCF.
« Bryan était quelqu’un qui accueillait les jeunes joueurs de l’équipe avec un bras autour des épaules », se souvient Brodeur-Jourdain. « Il était prêt à partager son savoir. Il me prodiguait des conseils constamment. À mon premier camp, en 2008, j’étais plus affecté à la position de garde. Quand je suis revenu, en 2009, c’est là que j’ai commencé à prendre des répétitions au poste de centre. Bryan m’a énormément aidé. Au début c’était de bien maitriser les remises, puis sont venus les appels et les assignations. »
« Bryan avait des habiletés exceptionnelles sur le terrain », poursuit l’actuel entraineur de la ligne à l’attaque des Alouettes. « Ses déplacements latéraux, sa capacité de bloquer lorsqu’on sortait sur des passes voilées. Il atteignait souvent les secondeurs, ou même les demis défensifs. Il donnait son corps à la science; il a tout donné tout au long de sa carrière. Il jouait avec une hargne et une fougue qui ont fait en sorte qu’il a inspiré les joueurs et qu’il était autant apprécié ici, à Montréal. »
Calvillo a abondé dans le même sens lorsqu’on l’a questionné sur le caractère de son ancien homme de confiance.
« Nous avons développé un lien spécial, qui perdure encore aujourd’hui. Pendant longtemps, nos enfants ont joué ensemble. Je suis tellement content pour lui. »
Chiu est aujourd’hui entraineur-chef des Fighting Irish du Vancouver College, où il avait étudié lors de sa jeunesse. En juin dernier, ce sont quelques-uns de ses joueurs qui lui ont annoncé qu’il allait être intronisé au Temple de la renommée du football canadien.
Les billets pour la cérémonie d’intronisation, qui aura lieu, en soirée, le vendredi 19 septembre, sont en vente dès maintenant. La cérémonie sera aussi retransmise sur CFL+.