Graham Hughes/LCF.ca
MONTRÉAL – Jeudi soir, les Blue Bombers de Winnipeg (6-4) ont bousculé les Alouettes de Montréal (5-6) au Stade Percival-Molson, l’emportant 26-13 devant des partisans de plus en plus désespérés.
Que faire devant une machine de football ? Bien que les Blue Bombers soient au troisième rang de l’Ouest, ils sont toujours redoutables.
Menés par le vénérable Mike O’Shea, les Bombers ont participé, en 2024, à leur cinquième match de la Coupe Grey en autant de saisons. Ils sont résilients…
LIENS CONNEXES
» Les Blue Bombers infligent un quatrième revers d’affilée aux Alouettes
» La défense des Alouettes sans réponse face à Brady Oliveira
» Plus de nouvelles et de chroniques de la Ligue canadienne de football (LCF)
On entend souvent dire que les Alouettes sont une équipe qui ne lâche jamais. Il est vrai que les Oiseaux nous ont habitués, depuis 2019, à cette résilience qui fait partie intégrante de leur identité de groupe. Mais par les temps qui courent, cette combativité est ralentie par d’innombrables blessures.
C’est donc face à une équipe amochée et en manque de confiance que le train bleu et or est débarqué en ville.
Le duel était robuste. Ça cognait dur. Le football est bien sûr un sport physique, mais jeudi soir à Montréal, ça commençait à sentir l’automne. L’approche de la fête du Travail, du dernier droit et des éliminatoires.
Beaucoup de joueurs demeuraient plus longtemps au sol à la fin des jeux, se relevaient péniblement et certains quittaient le terrain.
C’est ce qui est arrivé au secondeur des Bombers Redha Kramdi pendant le premier quart. Mais il est revenu dans la rencontre, comme un guerrier chassant la douleur après un combat.
« Un petit bobo, rien de trop grave », s’empresse-t-il de me dire, à la suite de la victoire des siens.
La défense des Blue Bombers devait se préparer à affronter un quart-arrière qu’elle ne connaissait pas. En effet, après avoir vu Davis Alexander, McLeod Bethel-Thompson et Caleb Evans tomber au combat, James Morgan effectuait son premier départ avec la formation montréalaise.

Graham Hughes/LCF.ca
Notons qu’Anthony Calvillo, du haut de sa passerelle de coordonnateur offensif, est peut-être toujours en forme. Juste une idée…
Revenons à nos moutons. Winnipeg devait analyser le jeu de Morgan, et ce, malgré le manque de bandes vidéo montrant les pas de danse de ce dernier.
« C’est toujours un peu différent », explique Kramdi, auteur de 59 plaqués défensifs, deux plaqués sur les unités spéciales et deux sacs du quart en 2024. « La réalité c’est que les Alouettes jouent un certain type de système. Tu essaies donc de l’étudier et de voir ce que le quart-arrière fait de bien. Mais c’est sûr qu’il y avait une touche d’inconnu. »
Une attaque qui fait des dommages
Année après année, les Blue Bombers nous démontrent que leur attaque est bâtie pour faire mal à l’adversaire. Pas nécessairement avec de nombreux coups d’éclat, mais, tel un rouleau compresseur, elle étouffe les défenses adverses.
Deux noms. Collaros et Oliveira. Le quart et le porteur de ballon. La belle et la bête.
D’un côté, le quart-arrière Zach Collaros est chirurgical, lui qui a complété 27 de ses 31 passes, cumulant 263 verges et un touché.
De l’autre, le demi-offensif Brady Oliveira, dans la lignée du grand Andrew Harris, son prédécesseur, est une menace non seulement au sol, mais par la voie des airs également. Le Winnipegois d’origine a connu un grand match, amassant 137 verges de gains en 16 courses, en plus de marquer un touché. Et il a ajouté 73 verges de gains sur des réceptions. 210 verges au total. Une performance titanesque.
« Effectivement, je trouve qu’il a surtout bien couru au cours du quatrième quart », affirme l’entraîneur-chef des Bombers Mike O’Shea. « La ligne offensive a fait de l’excellent boulot pour lui ouvrir la voie pendant tout le match et ça a créé les chances que nous avons eues d’avancer, en plus des points que nous avons pu mettre au tableau. C’est ce dont nous avions besoin dans ce genre de match. »
Parce que rappelons-le. Le match a été serré pendant les 45 premières minutes. À la fin du troisième quart, les Bombers ne menaient que par trois petits points. Winnipeg a par la suite ouvert la machine et a tant bien que mal fermé les livres.
« Je n’arrêterai jamais d’ajuster nos stratégies de fin de match », poursuit O’Shea. « Je crois que notre jeu peut se raffiner davantage dans ce genre de situation. »
« La défense des Alouettes est l’une des meilleures de la Ligue », ajoute le quart des Bombers Zach Collaros. « C’est un groupe très physique, mais nous avons bien fait de varier nos jeux. Nous les avons fait douter pendant tout le match. »
Lorsqu’une équipe a en sa possession un gars comme Oliveira, les défenses adverses seront toujours sur le qui-vive. Est-ce qu’ils vont courir ? Est-ce qu’ils vont passer le ballon ? Le coordonnateur défensif des Als devait toujours se demander s’il défendait la terre ou les airs. Les brèches ne se créent donc pas seulement sur la ligne d’engagement, mais dans la tertiaire également.
« Je suis tellement fier de mes coéquipiers sur la ligne offensive », claironne comme il se doit le demi offensif des Blue Bombers Brady Oliveira. « C’est toujours plus facile pour moi dans ce cas-là. Je ne fais que lire le jeu qui se dessine devant. »
« C’est un bon feeling de fermer les livres comme on l’a fait », explique-t-il. « Et quand notre ligne offensive tasse les défenses adverses comme elle l’a fait ce soir, ça fait du bien à tout le monde. »
La philosophie du « coach O’Shea » et la course aux éliminatoires
Mike O’Shea est à la barre des Bombers depuis 2014. Il a eu le temps de façonner sa philosophie. Amoureux des unités spéciales, il ne lésine pas de créativité dans le dessin de ses stratégies.
De plus, peu importe l’équipe qu’il a entre les mains, tous les joueurs semblent se sentir à leur place et ont les idées claires.
Ce genre d’aisance, les Bombers devront en faire usage d’ici la fin de la saison, s’ils veulent se rendre encore une fois jusqu’au prestigieux match de la Coupe Grey.
« Chaque saison est différente » philosophe Kramdi. « On n’est pas la même équipe que la saison dernière ni de la saison d’avant et on ne sera pas la même équipe l’année prochaine non plus. »
Mais toujours avec le même caractère.
« L’année passée, on a commencé la saison avec une fiche de 2-6 », poursuit Kramdi. « Mais on a tout de même poussé au maximum et on a terminé en première place. »
« Coach O’Shea est une légende », ajoute la recrue et le spécialiste des longues remises des Bombers Ian Leroux. « Et il agit comme une légende. Il pousse tout le monde vers le haut et il nous montre l’exemple. »
« On a 100 % plus de rythme et j’ai confiance en ce groupe », conclut-il.
Prochain arrêt pour les Blue Bombers ? Le toujours très hostile Mosaic Stadium de Regina où leurs plus grands adversaires, les Roughriders de la Saskatchewan, les attendront de pied ferme.