MONTRÉAL – Ciante Evans s’ennuyait du football, mais pas au point d’accepter n’importe quelle offre. En fait, seuls les Alouettes de Montréal pouvaient le ramener au nord de la frontière.
Le Texan âgé de 32 ans, retranché par les Argonauts de Toronto à la conclusion du dernier camp d’entraînement, se consacrait à sa famille et «divers boulots» depuis le début de juin, tout en continuant de garder la forme pour un éventuel retour au jeu.
«J’ai tenté d’être le meilleur père possible, a raconté celui qui portera le no 25 puisque son ancien no, le 4, appartenant maintenant au quart McLeod Bethel-Thompson. Je me suis entraîné et j’ai beaucoup travaillé.»
Evans s’est lancé dans plusieurs projets, que ce soit comme conseiller en sécurité auprès d’entreprises de construction, d’élaboration de chantiers, en donnant un coup de main à la NFL lors du dernier repêchage, ou encore pour sa propre compagnie d’inspection de chantiers commerciaux et résidentiels.
Il était occupé à ce point qu’Evans n’aurait pas joué ailleurs qu’à Montréal.
«J’étais très heureux. Je ne pensais plus que ça arriverait. (…) Que ce soit Montréal, c’était la cerise sur le gâteau. Je ne crois pas que j’aurais dit oui si ça avait été toute autre équipe, a-t-il admis à l’entraînement de mercredi, au stade Hébert de Saint-Léonard. J’en étais au point où j’étais en paix [avec le fait de ne plus jouer au football]. Mais j’ai confiance en ce qui se fait ici, en ce groupe d’entraîneurs.»
Deux fois choisi au sein de l’équipe d’étoiles de l’Est, Evans ne se formalise pas qu’il ait dû attendre à la 10e semaine du calendrier avant de recevoir une offre de contrat.
«C’est le sport professionnel. On ne peut toujours mettre une raison pour expliquer que tel ou tel joueur soit sans contrat, a-t-il dit. Il y a plusieurs excellents joueurs de football et tout le monde mérite une chance. J’ai joué pendant longtemps et il suffit d’obtenir une chance.»
C’est la troisième fois qu’Evans portera l’uniforme des Alouettes, après des passages en 2019 et 2023, à l’issue duquel il a gagné sa deuxième coupe Grey, après celle remportée avec les Stampeders de Calgary cinq ans plus tôt.
Les blessures à Deonte Ruffin (adducteurs), Kabion Ento (mollet) et Marc-Antoine Dequoy (épaule) ont forcé les Alouettes à effectuer de nouvelles embauches mardi. En plus d’Evans, les demis défensifs Don Callis (libéré le 11 juillet) et Brandin Dandridge ainsi que le secondeur Caleb Johnson ont été ajoutés à la formation, celle d’entraînement dans les cas de Callis et Johnson.
Du lot, aucun ne compte autant d’expérience qu’Evans dans le circuit Johnston.
Le footballeur de Fort Worth a disputé 110 matchs avec les Als, les Stamps, les Tiger-Cats d’Hamilton et les Lions de la Colombie-Britannique, exécutant 281 plaqués, en plus de réussir 19 interceptions et de provoquer trois échappés.
Dandridge a quant à lui disputé 40 matchs en cinq saisons à Ottawa, récoltant 90 plaqués. Il a ajouté 11 interceptions, dont deux retournées pour des touchés, et provoqué quatre échappés.
L’entraîneur-chef Jason Maas n’a pas confirmé Evans comme partant du côté gauche de la défense de Noel Thorpe pour le match de vendredi face aux Elks d’Edmonton (1-6), au stade Percival-Molson. Evans est l’un des trois joueurs ayant pris des répétitions au sein de la première unité en défense, mercredi, et Maas voulait se laisser le loisir de visionner les séances d’entraînement avant de prendre une décision.
Evans a de son côté assuré qu’il serait prêt à disputer le match en entier.
Aux autres positions touchées par des blessures, le demi défensif Arthur Hamlin a évolué comme maraudeur à la place de Dequoy. Cyrille Hogan-Saindon a quant à lui pris position au centre de la ligne à l’attaque. Il avait terminé la rencontre de samedi dernier face aux Roughriders de la Saskatchewan, à la suite de la blessure au genou subie par Justin Lawrence.