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TORONTO – Dans un documentaire ponctué de moments poignants, un en particulier ressort de la production originale de la LCF, Medicine Game.
Levi Horn parle à ses joueuses, membres de l’équipe de football autochtone féminine des moins de 18 ans, alors qu’elles s’apprêtent à disputer le championnat national féminin à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, lors de l’été 2024.
« Soyez concentrées », plaide-t-il. « C’est une journée importante. Vous nous représentez. Vous représentez le sigle sur votre poitrine. Si le football était un sport facile, tout le monde jouerait. Nous avons ici une vingtaine de femmes qui représentent tous les autochtones au Canada. C’est important. »
Pendant qu’il s’adresse à elles, il performe la cérémonie de la fumée, une tradition sacrée des peuples des Premières Nations qui vise à purifier l’esprit, le corps et le cœur de toute personne prenant part à la cérémonie.
« C’est notre thérapie. Le sport est notre thérapie », poursuit-il. « C’est un honneur que d’être ici, de jouer et de représenter. Pensez à toutes les personnes qui l’ont fait avant nous. Des gens ont dû donner leur vie pour que nous puissions venir ici et jouer à ce sport thérapeutique. Beaucoup de gens. Beaucoup de femmes de nos communautés sont encore portées disparues. »
« Quand les choses se corsent, pensez à ces femmes qui ne peuvent pas être là aujourd’hui. Pensez à ces femmes. Vous jouez pour elles, vous les représentez. Jeunes femmes, vous vous sacrifiez pour nos communautés. Nous ouvrons des portes pour que d’autres petites filles autochtones puissent venir ici et jouer. »
Le cinématographe Colin Wouda a réalisé le court-métrage. Il a passé une semaine avec l’équipe, visitant les athlètes et les entraineurs à la Première Nation de Fort MacKay. Il les a aussi suivis lors de leur camp d’entrainement à Winnipeg et pendant la compétition à Fredericton.
Le résultat final nous offre un aperçu inédit d’une équipe qui est la première en son genre : une équipe de football avec contact composée uniquement de femmes issues des Premières Nations du Canada. Le club a été fondé en 2023.
« C’est très chaleureux, je ne me sentirais pas comme ça avec une autre équipe », a mentionné Gabrielle Gladue, de Fort MacKay, en Alberta. « Nous venons toutes d’horizons différents, mais, au fond, nous savons toutes ce que c’est de vivre dans les réserves. Ça nous rassemble. Nous nous soulevons les unes et les autres. »
« Elles se comprennent », affirme l’entraineuse-chef Samantha Big Swallow. « Elles savent ce que c’est d’être une femme autochtone. Certaines ont eu de bons parcours, d’autres, moins. Elles sont toutes là pour la même raison et elles s’entraident. Nous bâtissons un sentiment de fierté. »
Les défis auxquels font face les communautés autochtones partout au pays ne sont pas un secret. Un manque d’eau potable entraine des répercussions graves au sein de plusieurs de ces communautés et demeure un problème non résolu.

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« Il y a des enfants ici qui vivent dans des villes, d’autre dans des réserves, et d’autres des maisons d’accueil », explique Big Swallow. « Les parents veulent que leurs enfants vivent des expériences ‘normales’. Pour plusieurs familles, manger trois repas par jour et se verser un verre d’eau au lavabo sont des phénomènes qui vont de soi. Dans plusieurs de nos communautés, nous devons rationner les réserves d’eau. Elles ont ici l’occasion de vivre ‘normalement’ pour un certain temps. »
Parmi les défis mentionnés, avec ce que nous savons maintenant au sujet des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées, ainsi que des effets persistants des pensionnats autochtones, nous pouvons encore mieux comprendre comment le sport – le football en particulier – peut rassembler et aider à soulever des communautés. On le ressent dans le discours de Horn et dans les manières dont ces filles de partout au Canada s’unissent pour disputer ce tournoi.
Le jour de match, a affirmé Big Swallow, a été un moment spécial pour l’équipe.
« Je crois que cela a beaucoup à voir avec le fait d’enfiler le chandail et de réaliser qui elles représentent, c’est-à-dire les jeunes et les femmes autochtones de leurs communautés et de partout au Canada. Quand cela les frappe, leur énergie monte d’un cran. »
L’équipe a remporté son premier match l’été dernier, une victoire de 32-21 aux dépens de la formation Ontario Black. Alors que le programme continue de croitre, les entraineurs et les joueuses savent qu’ils peuvent ouvrir la porte à d’autres joueuses autochtones, qui ne savaient pas auparavant que le football était une option. L’équipe a conclu le tournoi avec une fiche de 2-1.
« C’est génial. Nous représentons nos réserves et nos ancêtres et tous les gens à la maison. C’est une expérience inoubliable », a affirmé Gladue.
« Il n’y a pas de plafonds que nous ne puissions briser », a poursuivi Big Swallow. « Nous sommes des aborigènes, nous venons des étoiles et nous pouvons atteindre l’univers et travailler ensemble pour maximiser les chances de créer des championnes. Je crois en ces filles. Je sais que plusieurs autres jeunes filles veulent se joindre à nous. »
Les mots entendus à la fin du caucus résonnent bien plus loin que le sport.
« Qui sommes-nous? »
« Fortes! »
« Qui sommes-nous? »
« Capables! »
« Où devons-nous être? »
« Ici et maintenant. »