Chroniques
2 septembre 2022
TORONTO – C’est pendant une conversation avec Dane Evans que Chef Stacey LaForme a fait part d’une idée qui résonne particulièrement fort le 30 septembre, journée nationale de la vérité et de la réconciliation.
« Le problème avec le mot réconciliation, c’est que c’est juste un mot », a expliqué le Chef de la Nation Mississaugas of the first Credit à Evans et Donovan Bennett, l’animateur du balado The Waggle.
« Est-ce suffisant? Je ne sais pas, mais c’est correct pour le moment. Nous pouvons employer le terme réconciliation. Nous tentons d’améliorer les choses. Nous essayons de rétablir l’ordre des choses tel qu’il était avant que nous tentions de tout homogénéiser. Le monde serait tellement plate si tout était pareil. »
Evans a profité d’une récente journée de congé chez les Tiger-Cats de Hamilton pour aller visiter – avec Bennett – la Nation Mississaugas of the first Credit et la réserve des Six Nations. LCF.ca était présent pour rapporter la journée.
Evans est un fier membre de la tribu des Wichita, du côté de son père. Son arrière-grand-mère est la dernière personne à avoir parlé le langage de la tribu, et sa grand-mère est passée par l’équivalent américain des pensionnats autochtones.
Chef LaForme a expliqué que la découverte, en 2021, de tombes non identifiées sur le site d’un ancien pensionnat à Kamloops, en Colombie-Britannique, avait démontré à quel point ces écoles étaient dommageables pour les autochtones partout au pays.
« La découverte de ces enfants, c’est le moment qui a giflé beaucoup de Canadiens au visage », a-t-il dit. « On ne pouvait plus nier, ou dire que ça ne nous concernait pas. Il s’agissait de nos enfants. Ce moment à sonner l’alarme au pays. »
« Pendant longtemps, a ajouté Evans, les gens pensaient qu’il s’agissait de choses qu’on ne retrouvait que dans les livres d’histoire. C’était une photo en noir et blanc et ça ne nous affectait pas. Le dernier pensionnat n’a fermé ses portes que dans les années 90. Les tombes qu’on a découvertes, ça frappe l’imaginaire collectif. »

LCF.ca
Il y a eu des discussions entourant les origines de la vérité et de la réconciliation, mais la journée a aussi servi de célébration des cultures autochtones. Evans et Bennett ont rencontré Nikki Shawana, de la Nation Mississaugas of the first Credit, pour parler de l’importance de préserver et de partager leur langue, Anishinaabemowin.
Evans et Bennett ont aussi passé du temps avec Kevin Sandy, président et chef de la direction de programme de Lacrosse iroquois, pour parler l’importance de ce sport pour les Premières Nations. Ils ont aussi pratiqué le sport – quelque chose que n’avait pas souvent fait Evans – avec Cody Jamieson, un membre des six Nations et joueur professionnel avec les Thunderbirds de Halifax de la National Lacrosse League (NLL).
Evans a même reçu un cadeau spécial : un bâton donné par Bo Henhawk, un membre des six Nations qui fabrique des bâtons en bois haut de gamme, afin de pratiquer le sport de la façon amenée par le Créateur.
« Je suis un élève qui participe », a dit Evans à Bennett à la fin de la journée.
« C’est une chose de lire des trucs en ligne ou dans un livre, mais c’est différent quand tu as la chance de parler à des gens qui vivent et qui viennent d’ici. Je suis un sportif, c’est incroyable de voir comment le sport fait partie du quotidien, ici. Le sport rassemble, c’est génial. »
« Nous avons tous des parcours différents, mais nous avons tous le même but. Tout le monde sait que c’est qui s’est passé – avec les pensionnats – était terrible et qu’il ne faut plus l’ignorer. Il faut apprendre et aller de l’avant. »