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13 mai 2014

Histoire du repêchage : Monsieur sans importance 2008

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MONTRÉAL – Que signifie le sobriquet « monsieur sans importance » à vos yeux?

Pour plusieurs, cette expression représente le dernier joueur sélectionné lors du repêchage de ligue sportive professionnelle.

Mais, en réalité, c’est un terme qui représente un joueur qui n’a théoriquement aucune chance d’avoir un impact au cours de sa carrière.

Pour Luc Brodeur-Jourdain, cependant, il s’agit complètement du contraire.

« Être monsieur sans importance… J’en tire une certaine fierté maintenant », a dit Brodeur-Jourdain, le 48e et dernier choix du repêchage 2008 de la LCF.


Le repêchage 2014 de la LCF aura lieu le mardi 13 mai à 19 h HE sur les ondes de TSN. Le premier tour sera diffusé EN DIRECT sur TSN, alors que les tours 2 à 7 seront diffusés EN DIRECT sur TSN.ca. Cliquez ici pour l’ordre de sélection du repêchage 2014 de la LCF.


« Je m’estimais chanceux d’avoir été repêché. Tout ce que tu souhaites, c’est obtenir une chance de jouer chez les professionnels. Être repêché au 48e rang, être monsieur sans importance… Tout ce que je voulais, c’était une chance », a-t-il ajouté à l’occasion d’une téléconférence avec le CFL.ca

L’histoire du repêchage de Brodeur-Jourdain est plutôt angoissante. Simplement écouter le colosse de 6 pieds 2 et 309 livres raconter son histoire est une tâche en soi.

Comme plusieurs étudiants de l’Université Laval, Brodeur-Jourdain s’est levé le 30 avril 2008 avec beaucoup de trucs lui trottant dans la tête.

LBJ – comme le surnomment ses coéquipiers – ne pensait pas uniquement à l’endroit où il allait continuer à jouer au football dans les prochaines années, mais il songeait aussi à l’examen qu’il allait devoir passer ce soir-là.

« La journée du repêchage a été tellement longue. J’avais un examen en soirée, alors j’ai dû étudier toute la journée, mais puisque je faisais partie des espoirs en vue du repêchage, j’ai passé la journée avec Glen Constantin (l’entraîneur du Rouge et Or) », a-t-il expliqué.

Alors que l’heure avançait, des noms aujourd’hui connus comme Dimitri Tsoumpas, Keith Shologan, Brendon LaBatte et Greg Wojt étaient rayés de la liste des joueurs disponibles.

Puis, des noms moins connus ont également été appelés : Michael Stadnyk, Sammy Okpro, Richard Zulys et Jean-Nicolas Carrière.

Ainsi, plus le nombre de choix restants diminuait, plus l’angoisse de Brodeur-Jourdain augmentait.

« Ça m’a semblé si long, comme une éternité. À ce moment, je me disais : “OK, je vais devenir joueur autonome”. Mais finalement, j’ai été sélectionné par Montréal. »

Brodeur-Jourdain se sentait soulagé.

« Tu attends d’entendre ton nom, et tu ne sais pas si ça va arriver. C’était un jour épouvantable, et l’attente était atroce. Mais ce fut une merveilleuse journée en même temps. »

Brodeur-Jourdain a participé au camp d’entraînement des Alouettes en juin 2008, puis il est retourné à Laval afin de jouer une dernière saison dans le circuit de SIC.

C’est à cette époque qu’il a parfait son jeu, et qu’il est devenu un joueur de ligne plus polyvalent, lui permettant de jouer à différents postes au sein de la ligne à l’attaque.

L’année suivante, au camp d’entraînement des Alouettes, Brodeur-Jourdain n’avait pas besoin d’un billet afin de retourner à Québec : il était avec le grand club pour de bon.

L’athlète originaire de St-Hyacinthe se souvient à quel point sa dernière année avec l’Université Laval a été importante dans son développement en tant qu’athlète professionnel.

« On m’a retranché, je suis retourné à l’école et je me suis entraîné à toutes les positions de la ligne offensive, a-t-il confié. J’ai agi de la sorte afin d’être certain de demeurer avec Montréal en 2009. »

Peu de temps après, Brodeur-Jourdain a confirmé son poste au centre de la ligne offensive des Alouettes.

Il est passé de monsieur sans importance, à celui dont la tâche était de remettre le ballon à Anthony Calvillo avant chaque jeu en attaque.

Il n’était vraiment plus « sans importance ».

« J’avais besoin d’un peu de chance et de temps. J’ai finalement obtenu les deux. »