Noah Sidel
LCF.ca
La compétition pour atteindre le sommet du football universitaire québécois est forte, mais si le football universitaire est vraiment à propos de forger la personnalité des joueurs pour la vie plutôt que de gagner des parties, les Gaiters de Bishop’s ont probablement l’un des programmes les plus solides du pays.
« Une des raisons les plus importantes qui a fait que j’ai choisi Bishop’s, c’est Coach (Leroy) Blugh et tout ce qu’il représente sur le terrain, dans la salle de classe et à l’entraînement. L’une des bonnes choses, c’est que c’est une petite université dans une petite communauté et tu sais que tu peux bâtir une relation avec ton professeur », a dit l’ancien Gaiter Jamall Lee, qui porte maintenant l’uniforme des Lions de la Colombie-Britannique.
« Pour nous, sans l’éducation, il n’y a pas de football. Aujourd’hui, tu n’as pas le choix d’avoir les deux et Bishop’s s’assure de te préparer pour le prochain niveau et la vraie vie. On ne fait pas qu’étudier le football là-bas. »
Bon, on ne dit pas tout cela parce que Bishop’s a une mauvaise équipe de football. Au contraire, les Gaiters sont toujours dans la course année après année. Le programme forme d’excellents joueurs depuis de nombreuses années. On n’a qu’à penser à Lee, mais aussi au receveur Shawn Gore et au demi Steven Turner. Ces deux derniers ont été repêchés l’an dernier.
« Je pense que la seule chose qui sépare Bishop’s de Laval, c’est probablement l’argent. Je sens qu’aujourd’hui, plusieurs joueurs ont plus d’intérêt pour le chandail qu’ils vont enfiler où l’endroit où ils vont s’entraîner. Si le programme de Bishop’s bénéficiait d’autant de soutien financier que celui de Laval, les Gaiters seraient dans la course chaque année. Mais de ne pas pouvoir offrir le plus beau gym ou les plus belles de bagues de championnat rend les choses plus difficiles », a dit Turner.
« Mais si tu regardes les résultats des dernières années, les représentants de Bishop’s ont livré des performances dominantes au Camp d’évaluation et nous faisons tranquillement notre chemin dans la LCF en raison de notre éthique de travail et notre détermination, des qualités développées pendant notre passage à BU. »
La liste des participants 2011 du Camp d’évaluation de la LCF reflète les propos de Turner, alors que son cousin Junior Turner, Kyle Exumé et Mathieu Boulay seront de la partie pour impressionner le personnel de la LCF.
« Je crois que les joueurs aiment l’atmosphère ici et nous encourageons ça. Avant tout, nous tentons d’enseigner les paramètres d’une bonne éthique de travail, d’un bon entraînement et du travail d’équipe. Et les joueurs y croient », a dit Blugh, l’entraîneur-chef des Gaiters depuis 2005. Sous sa tutelle, l’équipe a une fiche de 19-30. «Nous attirons des joueurs qui ont souvent moins d’expérience, mais se sont surtout de bons jeunes hommes. Notre objectif, c’est de prendre leur talent et de leur faire comprendre qu’ils doivent le développer. C’est ce que nous prêchons et c’est un processus qui prend du temps.»
« Jamall, par exemple, est arrivé ici avec un talent exceptionnel, mais c’était un garçon gêné. Il a développé ici la confiance qu’il avait besoin pour exceller. Nous sommes très fiers de l’avoir eu avec nous et il a contribué à préparer la relève et est devenu une personne qui inspire nos jeunes joueurs».
Lee reconnaît que son passage à Bishop’s l’a aidé à tirer d’importantes leçons de vie.
« L’un des facteurs qui expliquent les bonnes notes, c’est la discipline. Si tu en manques en classe, tu n’en auras pas sur le terrain ou lors des rencontres d’équipe», a dit Lee. «Aujourd’hui, les athlètes savent qu’ils auront besoin de leur éducation, ils savent que leur carrière au football – ou peu importe le sport qu’ils pratiquent – ne durera pas pour toujours. Bishop’s prêche ça ».
Steven Turner est d’accord avec ce constat.
« Bishop’s prépare bien ses joueurs à avoir du succès. Le personnel d’entraîneurs sait ce que ça prend pour jouer chez les pros et enseigne cette attitude aux joueurs. Leroy Blugh a connu une brillante carrière dans la LCF et il permet à ses joueurs de constater que si tu travailles fort, tout est possible », a dit Turner.
« À Bishop’s, tu développes une attitude qui fait que lorsque tu te lèves le matin, tu te demandes ce que tu pourrais faire pour être meilleur aujourd’hui. C’est cette attitude qui te prépare non seulement pour la LCF, mais aussi pour la vie à l’extérieur du football et ce que tu feras après ta carrière de joueur. »