Jaime Stein
LCF.ca
Qu’on l’aime ou non, il n’y a pas de zone grise avec Arland Bruce, le nouveau receveur des Tiger-Cats de Hamilton. Une chose que nous pouvons avancer, est qu’il est divertissant.
Je n’oublierai jamais la soirée où j’ai appris que Bruce devenait un membre des Argonauts de Toronto. Je faisais alors partie de l’administration des Argonauts et je célébrais un anniversaire avec un groupe d’employés dans un restaurant du centre-ville de Toronto. Le toujours souriant Keith Pelly est venu me voir avec un sourire fendu jusqu’aux oreilles et me mentionna que les Argos allaient annoncer la signature du nouveau receveur le plus spectaculaire de la LCF le lendemain.
Keith ne pouvait contenir son enthousiasme face au fait que les Argos avaient remporté la loterie Arland Bruce, une transaction qu’il croyait aller compléter à merveille le groupe de receveurs des Argos.
Tout le monde connaît la suite : les Argonauts de Toronto remportèrent la Coupe Grey en 2004, et Bruce fut l’élément qui fit pencher la balance en faveur des Argos lors de la victoire surprise de Toronto contre Montréal lors de la finale de l’Est.
Bruce a été spectaculaire lors de son passage à Toronto. Peu de gens peuvent dire le contraire. Lors de nos diffusions à la radio, nous l’avions surnommé le « Mayor of Endzone City » (NDLT – le maire de la Ville de la zone des buts) pour son talent à marquer des touchés. Bruce a inscrit 40 touchés dans l’uniforme double bleu.
Plusieurs partisans vont s’en prendre à lui en ce moment pour ses commentaires envers son entraîneur et plus encore pour ceux envers son quart-arrière.
Était-il un mauvais coéquipier? À certains moments, oui.
Alors que la plupart des joueurs sont capables de garder leurs commentaires et problèmes au vestiaire, Bruce s’est confié et c’est un fait plutôt rare dans une ligue aussi petite que la LCF. Je crois fermement que Bruce aime le football et plus important encore, la LCF et ses partisans.
« Premièrement, je voudrais remercier les partisans des Argonauts de Toronto. Merci. Merci. Merci. Merci. Et encore merci, » a écrit Bruce sur sa page Twitter, après avoir appris qu’il était échangé à Hamilton.
« Mes cinq saisons ont été fantastiques avec les Argos, » a-t-il ajouté. « Je quitte en tant que champion de la Coupe Grey, et en tant qu’Argos pour toujours. Merci aux Argos. »
Durant la saison 2004, un petit groupe de partisans ont créé un t-shirt avec l’inscription « Bruuuuuuuuuce ». Touché par le geste, Bruce commanda une grande quantité de ces t-shirts, à ses frais, qu’ils remettaient aux partisans et qu’ils autographiaient à chaque personne qu’il rencontrait.
Les t-shirts « Bruuuuuuuuuce » ont ensuite gagné en popularité lorsque Michael (Pinball) Clemons en a porté un dans le train pour retourner à Toronto après la Coupe Grey en 2004 à Ottawa.
Lorsque je couvrais les Argonauts de Toronto, j’ai eu l’opportunité de passer beaucoup de temps avec Bruce. Il a toujours été facile d’approche. Il avait du temps pour les médias et les partisans, en plus d’être plaisant à voir évoluer sur le terrain.
Mon souvenir préféré de Bruce est probablement celui survenu lors de la demi-finale de l’Est en 2006, contre les Blue Bombers de Winnipeg. Bruce mena les Argos cette journée-là avec 138 verges de gains et un touché.
Le moment magique s’est produit sur une réception de passe de 77 verges, alors que les Argos tiraient de l’arrière au quatrième quart. Toute la semaine, le duo de demis défensifs composé de Kelly Malveaux et Anthony Malbrough, parla de la façon d’arrêter Bruce. Bruce eut le dernier mot. Il capta une passe au centre du terrain. Quelques instants plus tard, il était frappé en même temps par les deux demis. Malveaux et Malbrough tombèrent, ouvrant la voie à Bruce qui décampa pour inscrire le majeur. Le jeu souleva la foule du Rogers Centre et est un autre exemple de la façon dont Bruce peut rapidement changer l’allure d’un match.
Si nous apprenons toute notre vie, alors les dernières semaines ont été une bonne leçon pour Bruce. Son talent sur le terrain lui auront permis d’avoir une deuxième chance. C’est maintenant à lui de la saisir et d’émerger comme étant un grand receveur au lieu d’être qu’un bon joueur de plus.