Par Jim Mullin,
LCF.ca
Scott McCuaig a dû attendre un bon moment avant de se faire connaître.
L’ailier défensif des Thunderbords de UBC a terminé au premier rang de SIC en 2007 pour les sacs du quart. Sa récolte de 11 constitue un record de la conférence de l’Ouest, partagé avec un ancien de UBC, Tyson St. James. Même s’il a obtenu une nomination au sein de l’équipe d’étoiles 2007 de sa conférence, l’ancien de l’école secondaire Holy Cross de Surrey n’a pas reçu le titre de joueur de ligne par excellence,remis plutôt à Justin Cooper de l’Université du Manitoba, qui avait récolté deux plaqués et quatre sacs de moins.
Être ignoré de la sorte et l’accepter n’était qu’une autre journée au boulot pour lui.
«Ne pas recevoir de reconnaissance au niveau national ou au sein de la conférence n’est pas quelque chose de nouveau pour moi,» avait dit McCuaig au début du camp d’entraînement 2008.
«Je n’ai pas reçu de trophée à l’école secondaire et on a préféré d’autres joueurs que moi pour les équipes d’étoiles chez les juniors. Ça veut simplement dire que je vais travailler encore plus fort cette année et cette reconnaissance viendra, éventuellement.»
Il aura fallu attendre 2008 avant que l’ailier défensif reçoive de l’attention à travers le pays. Il a continué de terrasser les quarts de l’Ouest, amassant 9,5 sacs. Il a récolté 27,5 sacs au cours de son séjour universitaire, pour des pertes de terrain de 174 verges, des performances lui permettant de figurer au livre des records de la conférence de l’Ouest.
Il a finalement reçu son titre de joueur étoile de l’Ouest, à l’unanimité, et un autre au sein de la première équipe de SIC. Il a remporté le titre de joueur de ligne par excellence de l’Ouest.
L’aspect le plus surprenant de McCuaig en 2008 fut certainement son engagement à évoluer au sein des unités spéciales afin de se faire remarquer des recruteurs des équipes de la LCF.
«Je pense que c’était une bonne décision et que j’ai démontré mes aptitudes sur les unités spéciales cette année,» a dit McCuaig.
«J’ai récolté une bonne partie de mes plaqués sur les unités et j’ai bloqué un botté. J’espère que cela me vaudra une étoile dans mon cahier parce que la meilleure façon d’accéder à la LCF, c’est en jouant sur les unités spéciales.»
En plus de ses statistiques impressionnantes, un résultat de sa capacité de presser les quarts adverses, McCuaig compte deux bottés bloqués, un placement bloqué, deux interceptions, dix passes rabattues, quatre échappés recouvrés et cinq autres forcés.
McCuaig avait débuté la saison à 6’4’’ et 230 livres, mais a travaillé très fort au cours des derniers mois pour augmenter sa puissance sans perdre de sa vitesse, une de ses marques de commerce. Il espère faire osciller la balance à 242 livres lorsqu’il arrivera au camp d’évaluation.
Ted Goveia, l’entraîneur-chef à UBC, dit qu’une équipe de la LCF commettrait une erreur en se basant uniquement sur la forme du joueur en 2008 pour projeter ce qu’il pourrait accomplir chez les pros.
«Parfois, on le juge sur son gabarit et ce qu’il a l’air, mais la réalité, c’est qu’il peut jouer,» a dit Goviea.
«Scott aura besoin d’une année ou deux pour s’ajuster, mais il y a une vraie chance pour lui de jouer et de connaître du succès dans la LCF.»
Un des dépisteurs qui croit en son potentiel est Cal Murphy, membre du Temple de la renommée du football canadien. Bien qu’il effectue ses tournées d’évaluation au Canada pour le compte des Colts d’Indianapolis, l’ancien entraîneur-chef des Blue Bombers de Winnipeg et des Roughriders de la Saskatchewan ne peut s’empêcher de nommer McCuaig lorsqu’on discute de joueurs qui ont un avenir chez les pros.
«Il est très doué athlétiquement,» a dit Murphy. «Je sais qu’il doit devenir plus fort et qu’il doit ajouter du muscle, mais il est un très bon espoir comme secondeur.»
C’est un peu le dilemme avec McCuaig. Que fait-on avec un athlète de 6’4’’ et 240 livres qui a prouvé, à l’université, qu’il pouvait être dominant pour presser le quart, mais qui a les attributs physiques pour jouer comme secondeur chez les pros?
Devient-il officiellement un «tweener»?
«Tweener. C’est exactement ça dans son cas,» a dit Murphy.
McCuaig trouve difficile de contredire l’étiquette de secondeur et de joueur de ligne à temps partiel.
«Je serai d’accord avec (Murphy) que je suis ce qu’on appel un ‘‘tweener’’ et en raison de ma polyvalence, on m’a parlé de me transférer au poste de secondeur.»
Cela dit, Murphy indique du même souffle que McCuaig possède une qualité rare que n’importe quel observateur expérimenté remarque rapidement. L’ailier défensif ne joue qu’à une seule vitesse : le pied au fond.
«Qu’il soit ailier ou secondeur, ça ne change rien, ce que j’ai vu, c’est un joueur qui se présente à chaque jeu. Tous. Et ça, c’est quelque chose à considérer quand tu recrutes un joueur.»
McCuaig reste humble lorsqu’on invoque les commentaires de Murphy.
«Je suis honoré qu’il voit quelque chose comme ça dans mon jeu. Honnêtement, c’est difficile de dire quelque chose quand tu entends ce genre de commentaire provenant de quelqu’un de sa stature et de son expérience.»
Reste qu’il n’y a rien de mieux pour McCuaig que de frapper un quart sur un terrain de football.
«Je serai heureux de me tailler un poste au sein d’une équipe et apprendre mon métier au cours des deux ou trois prochaines années. Au fond de mon coeur, je demeure un ailier défensif.»
Jim Mullin est le directeur des sports de la station CKNW 980 à Vancouver. Il est le descripteur des matchs de football de la conférence de l’Ouest sur SHAW TV. En 2009, il en sera à sa 13e saison. Il est aussi le fondateur des Chroniqueurs de football universitaire du Canada.