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25 février 2009

Profil du camp d’évaluation: Anthony Lukca

Par Mark Masters
LCF.ca

C’est probablement la position la plus sous-estimée du football professionnel: spécialiste des longues remises. La capacité de remettre le ballon à son botteur de dégagement ou son teneur sur un placement est tellement importante, mais tellement ignorée.

Allez poser la question aux Argonauts de Toronto, qui ont supplié Randy Srochenski de renoncer à sa retraite avant le début de la saison 2008 parce que les joueurs qui tentaient de décrocher le poste connaissaient des ennuis.

Cette habileté unique que possède le joueur originaire de St-Laurent lui confère probablement un avantage, alors qu’il se prépare à participer au camp d’évaluation de la Ligue canadienne de football, qui aura lieu au début mars.

«À l’université, mes entraîneurs m’ont dit de travailler fort sur ça,» a dit Lucka. «J’ai compris que la LCF aime les joueurs canadiens qui excellent sur les unités spéciales et qui peuvent jouer en attaque et en défense.»

Le demi défensif de 5’9’’ et 190 livres possède certainement une arme secrète afin d’atteindre les rangs des professionnels. Il a reçu les enseignements de Jean-Philipe Darche, un spécialiste des longues remises dont la carrière a débuté dans la LCF avant de se frayer un chemin dans la NFL.

Une rencontre par hasard

La famille Darche a déménagé dans le même voisinage que la famille Lucka quand Jean-Philippe n’avait que sept ans. Les familles ont tissé des liens à la naissance Lucka et quand l’intérêt pour le football s’est ancré dans les deux familles, la relation est devenue de plus en plus solide.

«Depuis qu’il a appris que je jouais au football, il m’a aidé,» a dit Lucka, qui a joué à McGill, tout comme Darche. «Nous planifions un moment, au moins une fois chaque saison morte lorsqu’il est de passage, pour qu’il m’aide dans mon entraînement. Il est très occupé, des fois, ce n’est qu’une heure ou deux de remises, mais c’est juste exceptionnel de pouvoir m’entraîner avec lui.»

Darche a disputé cinq saisons à McGill avant de signer une entente avec les Argonauts de Toronto. Après une année avec Toronto, il est passé dans la NFL et, en 2006, il est devenu le premier ancien de SIC à jouer lors du Super Bowl, alors qu’il portait l’uniforme des Seahawks de Seattle.
 
Cependant, ce n’est pas Darche qui a amené Lucke à pratiquer le football. C’est plutôt son frère aîné, Jonathan.

«Ma mère n’aimait pas vraiment le football lorsque j’étais jeune, mais mon frère, qui a deux ans de plus que moi, a commencé à jouer au secondaire et je l’enviais,» a dit Lucka. «Il me laissait assister à ses matchs. Jouer au football, c’était l’affaire à faire. Depuis que j’ai mis mon casque, je n’ai jamais pu le retirer.»

Son parcours

Après avoir étudié au Collège Notre-Dame, où il a été nommé capitaine de l’équipe en 2002, il est passé à Choate Rosemary Hall, un prep school situé à Wallingford au Connecticut. Encore une fois, il y a été nommé capitaine de l’équipe.

Il a débuté ses études à McGill en 2005 et s’est joint à l’équipe de football. À sa première saison, il a essentiellement évolué comme substitut. Il a tout de même terminé au deuxième rang des Redmen avec deux interceptions.

La saison suivante, il recevait le titre de joueur le plus amélioré de l’équipe et terminait premier pour les interceptions. Encore une fois, il sera nommé capitaine l’année suivante.

Malgré son jeu de qualité, l’équipe n’a pas accumulé les victoires. Son équipe a connu des ennuis, terminant les deux dernières saisons avec une fiche de 0-16.

En 2007, l’équipe n’a même pas été en mesure de tenter un placement, ce qui veut dire que son rôle de spécialiste des remises n’a été vu qu’en situation de dégagement. Disons que Lucka n’aime pas trop en parler.

«C’est étrange comment cela a pu se produire et je ne comprends pas encore pourquoi.»

Et bien que la saison 2008 se soit terminée sans victoire, Lucka ne regrette aucunement d’avoir choisi les Redmen.

«Ce fut une très bonne expérience et je ne regrette rien,» dit-il. «L’esprit d’équipe était bon et nous avons perdu des matchs très serrés. L’équipe est en reconstruction et elle sera bonne dans le futur.»

L’un des bons moments fut certainement de travailler avec le botteur Austin Anderson, le fils de l’ancien botteur de la NFL Gary Anderson.
 
«C’était vraiment bien de faire équipe avec lui,» a dit Lucka. «Il a amené beaucoup à notre unité. Nous avions une bonne relation et nous avons travaillé fort sur notre synchronisme.»

«Son père nous avait rencontrés avant un match pour nous parler. Il a connu, lui aussi, des défaites difficiles et de l’entendre de lui et de savoir qu’il avait toujours trouvé la façon de s’en sortir a été inspirant.»

Maintenant, Lucka se concentre essentiellement sur son avenir alors qu’il tente de suivre les traces laissées par Darche tout en démontrant autant de persévérance qu’Anderson.

«Mon rêve est de jouer dans la LCF et c’est là-dessus que je me concentre.»

Si cela ne fonctionne pas, l’athlète de 22 ans dit vouloir devenir enseignant et entraîneur au football. Il veut redonner à la communauté.

Il travaille présentement au sein du programme ACES, en collaboration avec la Police de Montréal. ACES aide les jeunes de milieux défavorisés à éviter les ennuis en jouant au football.

«J’ai eu des entraîneurs et des professeurs exceptionnels au cours des années et c’est à cause d’eux que je suis devenu celui que je suis aujourd’hui. Redonner à la communauté est quelque chose que je crois être très important. Travailler et enseigner à ces jeunes, c’est ce qui m’inspire.»

Mark Masters est un journaliste pigiste de Toronto. Il a écrit sur la Ligue canadienne de football dans le National Post, le magazine Entreprise et le programme de match des Argonauts de Toronto