
L’édition 2005 s’est déroulée à Ottawa, soit juste en face de chez ses parents.
Par Olivier Poulin
LCF.ca
Montréal (LCF.ca) – Le maraudeur des Alouettes de Montréal Matthieu Proulx a participé à l’édition 2005 du camp d’évaluation de la LCF. L’événement, présenté à Ottawa, à deux pas de chez lui de l’autre côté de la rivière des Outaouais, était l’un de ses premiers contacts avec le monde du football professionnel.
Quatre autres joueurs de l’Université Laval étaient de l’événement, un facteur qui, selon lui, réduisait la nervosité que génère un tel événement. De plus, la proximité géographique a permis à certains entraîneurs de se déplacer, une présence qui rassure.
«Quand moi j’ai participé, nous étions cinq gars de Laval. Disons que c’était moins stressant. En plus, il y a avait trois de mes entraîneurs qui avaient fait le voyage à Ottawa pour le camp,» a dit Proulx. «Ma famille était là. Donc, j’étais choyé. Entre coéquipiers, nous pouvions nous aider et les entraîneurs étaient là pour nous aider à apporter les petites corrections.»
Proulx a senti, dès son arrivée, que le camp était, en somme, une grosse évaluation qui dure trois jours. Les participants sont scrutés dans les moindres détails, en tout temps. Dans l’un des tests, les joueurs doivent défiler devant tous le personnel des équipes, l’un après l’autre, torse nu. Une excellente façon de voir si on a fréquenté la salle de musculation sérieusement en vue de participer au camp.
«Les entraîneurs t’évaluent sur tout. Ton jeu, mais aussi ton comportement, ta façon de te présenter, si tu es ponctuel. Les équipes t’examinent pratiquement comme si tu étais du bétail,» note-t-il.
Du côté de la préparation, lorsqu’on provient d’un programme qui a compté sur d’autres joueurs qui y ont assisté, c’est toujours plus facile d’obtenir des conseils. Proulx s’était tourné vers son bon ami Pascal Masson, le même qui vient de signer un contrat avec les Alouettes après avoir passé trois saisons à Calgary.
«Avant l’événement, j’avais parlé avec des anciens de Laval qui avaient participé, comme Pascal Masson. Il m’avait dit sur quoi miser. Pascal était mon mentor à Laval, en plus d’être mon coloc,» a dit Proulx. «Je ne veux pas parler à travers mon chapeau, mais nous sommes vraiment de bons amis et je pense que j’ai eu une influence sur son choix de venir à Montréal.»
«Avoir des amis dans la LCF, des francophones en plus, c’est rare. Imagine dans la même équipe. J’espère que ça va bien aller pour nous deux individuellement. Je dis ça et je sais qu’au camp, on risque d’avoir à se battre l’un contre l’autre pour un poste. Mais j’aime mieux me battre contre un de mes amis que contre un inconnu. Nous allons nous pousser mutuellement,» a enchaîné celui qui a mérité le titre de recrue de l’année de la division Est en 2005.
La seule préparation possible pour le camp, c’est celle en prévision des tests qui mesure la force «de gymnase», comme le développé couché ou le saut vertical sans impulsion. L’aspect le plus difficile, surtout pour les joueurs défensifs et particulièrement pour les demis défensifs, ce sont les duels. Les joueurs offensifs ont toujours l’avantage. Ils connaissent le décompte lors de la remise, le tracé, le type de couverture qu’ils doivent affronter. Souvent, le demi défensif doit affronter un receveur contre lequel il n’a jamais joué pendant son stage universitaire. Et, bien sûr, il n’y a pas de séances vidéo.
«Tu connais certains des tests d’avance, donc tu peux bien t’y préparer. C’est plutôt du côté des affrontements un contre un où c’est plus difficile. Tu ne sais pas contre qui tu vas être placé. En défensive, c’est encore plus difficile parce que tu le sais que le receveur va te sortir sa meilleure feinte,» explique le maraudeur.
«Il ne faut pas changer ce que tu fais habituellement parce que c’est justement ça qui t’a permis d’être invité au camp. Beaucoup de joueurs ont tendance à changer leur façon de jouer quand le match est important. Comme Glenn [Constantin, l’entraîneur-chef du Rouge & Or] dit : Tu dois danser avec la fille qui t’a amené au bal.»
Plusieurs équipes ont contacté l’entraîneur-chef du Rouge & Or afin d’en savoir plus à propos de Proulx après le camp. Bien que ce ne soit pas une règle absolue, il est permis de croire c’était un signe qui indique que sa prestation a attiré l’attention ou confirmé son statut de candidat de choix de première ronde.
«Il y a eu beaucoup d’entraîneurs qui m’ont contacté aussi,» dévoile Proulx. «Rendu là, c’est parce qu’ils veulent en savoir plus sur ta personnalité.»
Plus tard aujourd’hui, un autre joueur originaire de l’Outaouais et ami de Proulx, Phillip Gauthier, expliquera comment il a vécu son expérience au camp d’évaluation de la LCF.