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Johany Jutras/LCF.ca
TORONTO – La polyvalence : voilà une qualité qui pourrait s’avérer payante pour plusieurs jeunes espoirs lors du camp d’évaluation du weekend prochain.
Et quand vient le temps d’exceller à tous les tests, peu d’entre eux ont réussi à mettre la barre aussi haute que Chris Ackie, le quatrième choix au total du repêchage de l’année dernière.
À pareille date l’an passé, le secondeur de deuxième année des Alouettes offrait une prestation dominante lors du camp d’évaluation national 2015 de la LCF, s’exerçant à deux positions et battant le record du camp au test du saut horizontal.
En fin de compte, ce sont la polyvalence et les extraordinaires habiletés athlétiques d’Ackie qui lui ont permis de se démarquer du lot.
« C’est important, parce que je crois que tu prends plus de valeur aux yeux d’une équipe quand tu peux en faire plus », a souligné l’ancien de l’Université Wilfrid Laurier la semaine dernière.
Contrairement à l’an passé, alors qu’il se préparait pour l’évaluation la plus importante de sa vie, Ackie, 24 ans, connaît une saison morte un peu plus calme en 2016. Aujourd’hui, le secondeur du côté court – qui épaulera le talentueux Winston Venable – sait exactement avec quelle équipe et à quelle position il évoluera l’an prochain.
C’est un rôle qu’il a appris à maîtriser avec les Alouettes, un poste pour lequel il avait démontré de belles aptitudes lors du camp d’évaluation de 2015.
« Personnellement, je ne voulais pas être identifié comme un demi défensif simplement parce que j’avais évolué à cette position à l’université », a dit Ackie. « J’ai joué comme demi défensif à l’université, mais je peux en faire tellement plus – je peux être secondeur, je peux être demi défensif, je peux être demi de coin… »
« Je voulais seulement démontrer à quel point je pouvais être athlétique et physique, et ce, peu importe ma position. »
Résultats de Chris Ackie lors du camp d’évaluation de 2015
Tests | Résultats | Rang |
Épreuve 3-cônes | 7,09 sec | 3 |
Sprint 40 verges | 4.67 sec | 13 |
Développé couché | 14 répétitions | É40 |
Saut horizontal | 10’11,5″ | 1 |
Changements de direction | 4,40 sec | 12 |
Saut vertical | 40,0″ | 1 |
Et les Alouettes en ont pris bonne note.
Ackie pointait au 11e rang du classement du bureau de recrutement de la LCF après sa performance au camp d’évaluation, et les experts prédisaient qu’il allait être sélectionné au septième rang du repêchage de 2016 par les Eskimos d’Edmonton. Finalement, Ackie a entendu son nom être appelé au quatrième échelon, devant des joueurs comme Danny Groulx, Jacob Ruby et Byron Archambault – qui a tout cassé l’an dernier au camp national.
Quel était le principal avantage que possédait Ackie sur tous les autres joueurs? Il pouvait s’aligner à de multiples positions, un atout qu’a rapidement décelé le coordonnateur défensif des Alouettes Noel Thorpe.
« Le sujet a été soulevé lors des entrevues », a dit Ackie. « Des équipes me disaient : « Je te verrais jouer comme secondeur du côté court. » Et d’autres recruteurs soutenaient que je ne jouais pas à la bonne position lorsque j’évoluais comme demi défensif avec l’Université Wilfrid Laurier. »
« Je voulais démontrer que je pouvais jouer aussi comme secondeur, alors c’est pourquoi, une fois au camp, j’ai décidé de prendre également part aux exercices réservés aux secondeurs. »
Ackie suit les traces d’autres joueurs qui connaissent de bonnes carrières en raison de leur polyvalence. Quand le demi inséré des Argonauts, Anthony Coombs, a pris part au camp d’évaluation de la LCF en 2014, l’ancien demi offensif des Bisons du Manitoba donnait des entrevues et Dave Dickenson est venu lui demander de se joindre aux receveurs.
Il en a fait suffisamment pour impressionner les Argos, qui ont effectué une transaction afin de le sélectionner au troisième rang du repêchage de 2014, voyant dans l’athlète de 23 ans un joueur de la trempe d’Andre Durie.
« Je crois qu’un joueur qui peut courir et attraper le ballon est une tendance qui se répand de plus en plus dans la LCF », a jadis dit Durie au cours d’une entrevue.
Aujourd’hui un vétéran de 10 saisons dans la LCF, Durie a passé l’ensemble de sa carrière à jouer de la sorte. Il avait établi un record avec 22 touchés comme demi offensif à l’Université York en 2003, mais il avait subi une grave blessure au genou, qui l’avait contraint à l’inactivité pendant près de deux ans.
Il est éventuellement devenu un joueur hybride entre un demi offensif et un receveur avec les Argonauts, se spécialisant dans l’accumulation de verges après l’attrapé et excellant dans les espaces ouverts.
« Les recruteurs voient le tout comme une commodité », a dit Durie. « Si vous comptez sur un joueur qui est robuste à la ligne de mêlée, qui est capable de bloquer et qui peut aussi être un receveur, dans du football à trois essais – c’est de l’or. »
Durie a peut-être un rôle unique, mais plusieurs équipes semblent emboîter le pas. Alors qu’Ackie est devenu l’un des meilleurs joueurs défensifs sélectionnés lors du repêchage de l’an dernier, Nic Demski a suivi un parcours similaire à celui que son ancien coéquipier au Manitoba, Coombs, a suivi avec les Argos.
Plusieurs considéraient que Demski et Lemar Durant de l’Université Simon Fraser étaient des joueurs aussi bons l’un que l’autre en marge du camp d’évaluation de l’an dernier, et les deux jeunes hommes ont excellé lors de l’événement, aucun élément ne semblant permettre de les séparer. Par contre, Durant a finalement été sélectionné en fin de deuxième tour, et fut le quatrième receveur à être repêché.
Et, bien qu’il soit passé du cinquième au neuvième rang du dernier classement du bureau de recrutement de la LCF l’an dernier, Demski a été le sixième joueur sélectionné – par les Roughriders – lors du repêchage de 2015. Comme demi offensif, sa capacité à bloquer, à retourner des bottés et à se détacher de ses couvreurs a peut-être fait la différence.
Dans un système offensif dirigé par Ben McAdoo, une attaque influencée en partie par Milanovich, Demski s’est retrouvé à jouer un rôle semblable à ceux de Coombs et de Durie – celui d’un demi inséré qui possède les qualités d’un demi offensif, notamment après l’attrapé.
« Je cherche seulement à contribuer de toutes les manières possibles », a dit Demski.
« Je veux simplement me préparer à toutes les éventualités pour la prochaine saison – je veux être rapide et fort et réussir des jeux lorsque le ballon est entre mes mains. »
Ce désir et cette capacité de pouvoir tout faire a joué un rôle important pour Ackie, Demski et Coombs au cours des deux dernières années, et ces trois joueurs ne seront pas les derniers.
« Surtout de la façon dont le football a évolué au cours des dernières années », a ajouté Demski. « Tout est une question de polyvalence, et si vous êtes capable de réussir des jeux partout sur le terrain, c’est une excellente qualité que vous possédez. »